13 artistes américains qui ont chanté en français

Queen B a tenté cet exercice périlleux.

Le texte français dans la musique anglaise apporte une touche de charme et d’élégance qui ne laisse personne indifférent. Les artistes américains ne se privent pas de l’utiliser. Culte, réussi, honorable ou raté, voici une liste non-exhaustive de ces chanteurs qui s’y sont frottés.

Beyoncé – Vois sur ton chemin

Lors de la cérémonie des Oscars de 2005, l’artiste Beyoncé Knowles-Carter, au zénith de sa gloire, est choisie pour interpréter la chanson « Vois sur ton chemin » du film « les Choristes » en version originale. Une épreuve loin d’être simple, car même si la Queen B y met tout son cœur et son énergie, les écorchures sur les paroles n’ont pas été du goût des Français, très tatillons sur le texte. Sa popularité dans l’hexagone n’en n’a (heureusement) pas souffert, mais la star n’a pas réitéré l’expérience.

Michael Jackson- Je Ne Veux Pas La Fin De Nous

Version française du titre « I Just Can’t Stop Loving You », inaugurant l’album “Bad” lancé en 1987, « Je Ne Veux Pas La Fin De Nous » a été enregistré par le “King Of Pop”, sur un texte de Christine Decroix, afin de le sortir exclusivement en France. Mais le peu d’enthousiasme des maisons de disque de l’époque n’a pas permis une commercialisation ambitieuse. Et c’est fort dommage car l’accent américain et le talent du chanteur font des merveilles sur un texte grammaticalement discutable. Se baladant sur le net avant d’enfin apparaître sur un support officiel (la réédition de l’album “Bad” en 2012), cette version continue de faire plaisir aux fans français du chanteur

Pink Martini – Sympathique

« Je ne veux pas travailler, je ne veux pas déjeuner, je veux seulement oublier. »               Un refrain immortel et qu’on n’hésite plus à fredonner de temps en temps (la faute aussi à la Citroen Xsara Picasso ?). Sortie en 1994, écrite et interprétée par le groupe américain Pink Martini, la chanson s’inspire d’un poème de Guillaume Apollinaire, intitulé « Hôtels ». C’est une fausse ode à l’oisiveté, à un « je ne sais quoi », que la voix suave de la chanteuse China Forbes réussit à rendre accessible à tous. Pas mal pour une artiste qui se défend de posséder seulement un niveau de français du lycée.

Iggy Pop- Et si tu n’existais pas

En 2012, l’iguane du rock change de peau mais garde sa langue pour enregistrer un album en grande partie composé de reprises de chansons françaises. Intitulé sobrement « Après », on retrouve des chansons de Serge Gainsbourg, Joe Dassin, Georges Brassens et Édith Piaf. Preuve d’une francophilie assumée par le rockeur.

Avec un accent à couper au couteau, le rocker pose chaque syllabe française au rythme d’une ambiance lancinante et envoutante. Ce n’est pas tant la prononciation qui compte, mais la restitution du sentiment d’une vie impossible à vivre sans amour. Et ça, le parrain du punk l’a bien compris.

Grace Jones- La Vie En Rose

La fin des années 70 marque l’heure de gloire du disco, une brèche dont la jeune mannequin va s’engouffrer pour préparer son règne sur les années 80. En enregistrant une reprise de la plus célèbre chanson d’amour d’Édith Piaf, Grace Jones use de ses influences jamaïcaines pour insuffler des accompagnements reggae sur une solide base disco.

Le magnétisme désarmant de la chanteuse et son français sans fausse note créent une symbiose unique qui va offrir une cure de jouvence à un titre déjà éternel. Quarante ans plus tard, cette version continue de se démarquer des autres à tel point que Dior l’a choisie pour accompagner Natalie Portman dans la promotion de son parfum.

Labelle – Voulez-Vous Coucher avec moi

Interprété par le girls band américain Labelle en pleine période disco, cette chanson conte la vie des prostitués de La Nouvelle-Orléans, entrainant leurs clients dans leurs bras avec un argument de taille en 5 mots. Une ode à l’encanaillement qui aura marqué l’imaginaire collectif. Pour preuve: la version de 2001, interprétée par Christina Aguilera, Lil’Kim, Mya et Pink pour le film “Moulin Rouge”.

Megadeth- À Tout Le Monde

1994, l’un des plus fameux groupes de trash métal américain sort « À Tout Le Monde », une chanson inspirée d’un rêve qu’aurait fait le leader Dave Mustaine après avoir vu sa mère défunte revenir lui parler une dernière fois. Les seuls mots français qui y figurent sont dans le refrain, le cœur même de la chanson:  « À tout le monde, à tous mes amis, je vous aime, je dois partir ». Des mots simples et efficaces pour exprimer l’ultime adieu aux gens qu’on a connu et aimé avant le rideau final.

Néanmoins le titre n’a pas été du goût de tous. La chaîne musicale MTV a déprogrammé le clip musical l’accusant de faire l’apologie du suicide e, en 2006, elle a été citée par le tireur de la fusillade du collège de Dawson comme source d’inspiration de son acte. Mais le public n’est pas dupe. Francophone ou non, il n’hésite pas à scander le refrain à voix haute à chaque représentation du groupe.

Big soul – Le brio

N’ayant pas connu le succès dans leur pays d’origine, le groupe de rock californien Big Soul va connaître une carrière inattendue en France. Le titre « Hippy Hippy Shake » lui ouvrira les portes mais c’est « Le brio » qui va les enfoncer. Un succès qui s’explique par un dosage intelligent de riffs de guitare puissants mélangés à un mix de phrases françaises, sans lien entre elles mais parfaitement calées sur le tempo.

Joséphine Baker – J’ai Deux Amours

Arrivée de New York, l’artiste américaine Joséphine Baker, avec son énergie, son charleston et sa ceinture à banane, va conquérir Paris pour en devenir son étoile officielle durant les années 1920 et 1930. Pour exprimer sa gratitude envers ce peuple qui a fait son succès, elle se met au français et à la chanson. Elle livre son classique « J’ai Deux Amours ». Un hymne à une terre et à une capitale plus accueillantes, selon elle, qu’une Amérique, marquée par un racisme qui ne lui a pas fait de cadeaux. Joignant la parole aux actes, elle obtiendra la nationalité française en 1938 et s’engagera pleinement dans la résistance durant la seconde guerre mondiale.

Britney Spears- Coupure électrique

La prononciation française est implacable et n’a pas fait de cadeaux à une Britney Spears visiblement très novice en la matière. Avec « Coupure électrique » (un clin d’œil à EDF ?), l’interprète de “Toxic” a tenté le français pour raconter ses ébats dans le noir. Si les Américains ont salué la prise de risques, nous, on cherche encore un traducteur.

Jessye Norman – La Marseillaise

En 1989, pour célébrer le bicentenaire de la révolution française, la soprano américaine Jessye Norman est invitée à interpréter l’hymne national pour la parade du 14 juillet.

Joseph Gordon-Levitt – La Valse À Mi-Temps

Quand il n’est pas sur un plateau de tournage, le comédien Joseph Gordon-Levitt n’hésite à gratter la guitare et à pousser la chansonnette. C’est lors de ces rares représentations sur scène qu’il reprend, avec une maîtrise insoupçonnée, « La Valse À Mille Temps » de Jacques Brel. Son secret ? Il a étudié la musique et la poésie française durant ses années universitaires. En voilà un qui a écouté en cours.

Mariah Carey- Que Je T’aime

C’est au début de son concert à Paris en décembre 2017 que Mariah Carey reprend la chanson phare de Johnny Hallyday, « Que je t’aime », afin de rendre hommage au rockeur français disparu quelques jours plus tôt. Surpris et touché, le public français reprend avec elle en chœur le refrain mythique. Mais la diva de la Pop préfère ne pas s’aventurer plus loin pour éviter de saborder un français qu’elle assume ne pas maîtriser.