A New York en solex

Chaque matin, en sortant de chez lui dans le New Jersey, Howie Seligmann enfourche son vélosolex. Il le gare à sa station de bus, prend le bus jusqu’à Port Authority, où un autre solex l’attend pour le conduire jusqu’à bureau.
Les vélomoteurs sortent de l’écurie à tour de rôle. Howie en a une dizaine : quatre pliosolex, une version américaine de 1978, un modèle hongrois, trois noirs 3800, un gris 3800… Là, l’élu du jour est garé à côté de la terrasse où on boit un verre. Des gens s’approchent de ce curieux vélo au moteur posé sur la rue avant.

“Premier véhicule hybride”

S’ils voulaient s’en acheter un (compter 1595 dollars), Howie Seligmann saurait les renseigner : il est actionnaire de Mopex, l’usine qui fabrique des vélomoteurs Black’n Roll (http://www.blacknroll.com/) dans le Pas de Calais. Aux Etats-Unis, il a déposé la marque Velosolex, et en a déjà distribué quelques centaines, de la Californie à la Floride en passant par le Colorado.
«Les acheteurs peuvent être des seniors qui cherchent des souvenirs de ce qu’ils ont vu en France, des collectionneurs passionnés… Très souvent des gens qui ont un profil scientifique impressionnés par le Solex, parce que depuis 60 ans, c’est un véhicule simple et efficace» dit-il admiratif de ce «premier véhicule hybride bien avant la Toyota Prius, avec son énergie thermique et humaine».

En l’écoutant, on apprend qu’en 1973 à l’époque du premier choc pétrolier, on faisait la queue sur tout un pâté de maison devant le seul magasin américain qui vendait des solex. L’argument reprend du poids aujourd’hui. «Si on n’a plus d’essence, on peut toujours pédaler…»
C’est à huit ans qu’ Howie Seligmann a vu son premier Solex. Il arrivait en France avec sa mère d’origine autrichienne. Il a encore en mémoire l’adresse exacte à Paris (rue de Clauzel) où le deux-roues était garé (il y est peut-être encore).

C’était en 1966. Howie avait huit ans. Son oncle était venu le chercher à l’aéroport du Bourget. Il se souvient encore de l’effet des suspensions hydrauliques de sa DS… Depuis, il est aussi « citroënniste ». Avec l’été, les 2 CV sont de sortie. «On ne roule pas en hiver à cause du sel qui bouffe le métal précieux du véhicule».

“Rallye en 2 CV”

Le 15 juillet, Howie Seligmann sponsorisera à New York le huitième rallye Citroën. Des 2 CV, des DS, tractions et Ami 6, Méhari et une douzaine de Solex descendront la Cinquième avenue. Le consul Français Delattre, « autre citroënniste de cœur », donnera le départ. Retrouvez-les à midi sur Riverdrive à la hauteur de la 122ème rue et en fonction des places disponibles, vous pourrez peut-être faire le trajet en Citroën.
Infiniment exotique, car souligne Howie, «il y a plus de Ferrari que de 2CV aux Etats-Unis».

Pour s’inscrire au rallye : contacter Howie Seligmann ou Ed Merryman au 201.863.7600.
A midi le 15 juillet: rdv à Riverdrive et 122ème rue. Le convoi descendra jusqu’à la 72ème rue qu’il prendra jusqu’à Central Park West. Remontée jusqu’à la 96ème rue, puis traversée du parc. Descente de la Cinquième avenue jusqu’à la 61ème rue. Les voitures seront exposées vers 13h à la Street Fair de la 61ème rue. Vous pouvez ensuite les retrouver à 14h30 au Washington Square Park, puis ripailles au Café 123 de la 45ème rue.

Pour acheter un Solex aux Etats-Unis : stevesmoped.com

Avant de prendre la route en solex, renseignez vous auprès d’Howie : «les lois diffèrent dans chaque état : dans le New Jersey, c’est comme une Harley, il faut une assurance, une immatriculation et le permis de conduire ; dans le Connecticut c’est comme un vélo».