Adieu Fleur de Sel

C’est une bien triste nouvelle qui attend les critiques culinaires new-yorkais dans leur boite email, ce jeudi 4 février: la fermeture de Fleur de Sel, le restaurant du chef breton Cyril Renaud. La raison invoquée: la crise, sans surprises. “L’économie nous force à fermer le restaurant pour raisons financières“, dit le communiqué de presse.
Ouvert en 2000, Fleur de sel avait vite su conquérir le cœur des fins gourmet, gagnant deux étoiles dans le classement du New York Times, quatre à celui de Forbes, et une étoile au guide Michelin en 2005. Oui, mais voilà, le prix du plat est en moyenne autour de $35, et l’addition peut rapidement dépasser les $100 par personne pour un diner arrosé.

En ces temps de restrictions budgétaires, pas besoin d’expliquer que beaucoup de new-yorkais ne peuvent plus se permettre de telles dépenses. Le chef s’était ainsi résolu à établir un prix fixe pour le déjeuner ($29) et le diner ($76), mais cela n’y a rien fait. Les seules adresses à faire encore des profits sont les pizzérias, mais du coté des restaurants gastronomiques, cela fait longtemps que rien ne va plus. Lorsque French Morning avait rencontré Cyril Renaud en novembre dernier, celui-ci se montrait déjà très pessimiste. “C’est terrible” soupirait-il en parlant de la situation économique, “on a encore jamais vu ça dans la restauration“. Il reconnaissait volontiers que le restaurant était loin d’être rempli tous les soirs. Interrogé sur ses perspectives, il expliquait qu’il était prêt à baisser ses prix et “à changer complètement le concept de Fleur de Sel si il le faut“.

Le chef Cyril Renaud
Cela n’aura pas été nécessaire, puisque c’est la fermeture pure et simple qui attend désormais le restaurant. Peut-être aussi parce que du coté de la cinquième avenue, son nouveau restaurant, Bar Breton, ouvert en décembre 2008, absorbe toute son énergie et ses finances. “Ma femme et moi, on a énormément investis dedans“.Mais il se montre toujours confiant sur le succès de cette crêperie. Plus décontractée, et surtout beaucoup moins chère, “c’est parfait pour cette économie!”. Espérons le.