All about Yves

L’éditorialiste du New York Times a profité du dernier vendredi de ce mois d’anniversaire de mai 68 pour publier un article intitulé “L’année qui a changé le monde”.

Sans mai 1968, il aurait été impensable qu’un président tel que Nicolas Sarkozy, trois fois marié, d’origines étrangères et notamment juives soit élu, affirme-t-il. Dans les “évènements”, André Malraux a vu la mort de Dieu; “C’est certainement au Dieu gaulois prude et provincial, qui aurait tenu Sarko à distance du pouvoir, que l’on a coupé la tête en mai.”

Dans la même veine, aux Etats-Unis, quarante ans après, Barack Obama représente la première sérieuse possibilité de voir un afro-américain accéder à la maison Blanche ajoute le journaliste. À suivre.

Mais ce n’est pas tout d’être élu…

“Comment Sarkozy a-t-il échoué?” interroge Guy Sorman dans le Wall Street Journal.
Selon l’éditorialiste, «sa vie privée n’est pas le problème», l’écueil est ailleurs. Si la surmédiatisation de ses amours a pu choquer certains électeurs, «la nouvelle Madame Sarkozy est aussi discrète qu‘élégante». Les candidats américains prennent note de comment devenir impopulaire: il joue sur tous les tableaux, proclame le tout et son contraire. «Sarkozy abandonne le courage de l’action pour prend le chemin du consensus». «L’incapacité à choisir du président révèle une personnalité post-moderne détachée de toutes convictions idéologiques».

Un peu comme Barack Obama, il nie la survivance de la division droite gauche comme s’il ne restait que les partisans du changement et ceux du statu quo. Mais quel changement? s’interroge l’éditorialiste. Pragmatisme «à la Sarkozy» comme consensus «à la Sarkozy» ne sont pas la recette du changement mais plutôt de «l’ambiguïté et de l’imprévisibilité»: «La France est dotée d’un capitaine de vaisseau sans boussole» conclut-il caustique.

La France qui sort juste d’une introspection d’un mois à l’occasion des 40 ans de mai 68 se replonge dans le passé avec la mort de son «Roi Soleil de la mode» écrit l’International Herald Tribune.

Les éloges pleuvent

En ces temps de «fast fashion», usa Today se montre nostalgique, YSL n’a plus sa place.

Il était «sans aucun doute le plus grand couturier» des années 50 aux années 2000 déclare Valerie Steele, directrice du Fashion Institute of Technology de New York. «Yves Saint Laurent a élevé la mode en une forme de mode de vie contemporaine». L’héritage de l’icône de la haute couture s’est étendu des célèbres podiums français à nos bureaux, écrit le Chicago Tribune.

Bien qu’il fut à l’origine de nombres de controverses, Yves Saint Laurent «croyait plus en l’évolution qu’en la révolution» commente le New York Times. Alors que l’époque tolère à peine les femmes qui osent porter des pantalons, en 1966, il lance son fameux “Smoking” au féminin. Le San Francisco Chronicle rappelle la controverse que l’audace du créateur français a suscitée. Alors que Nan Kempner se voit refuser l’entrée du Plaza Hotel, elle enlève son pantalon signé YSL, transformant ainsi de son blazer en mini-jupe. «Ses créations étaient à la fois androgyne et chic, drôle et raffiné, exact et pourtant espiègle». Rien n’a redire.

Au travail, les femmes en tailleur-pantalon pouvaient enfin concurrencer les hommes. Son seul regret, de ne pas avoir inventé les blue-jeans. Sans lui comment aurions-nous perçu l’aisance autoritaire d’une Hillary Clinton? interroge le Washington Post.

Le Los Angeles Times se souvient, sa première boutique aux Etats-Unis ouvre à New York, sur Madison Avenue en 1968. «L’inauguration fait la une de tous les magazines de mode, le culte du célèbre designer était né sur le sol américain». En 1983, le Metropolitan Museum of Art de New York lui consacre une exposition, la première jamais organisée en l’honneur d’un créateur vivant.