Anne Fontaine au secours de la forêt brésilienne

Ce soir-là, Anne Fontaine, reine de la chemise blanche, était toute de noir vêtue. Perchée sur 20cm de talons, enceinte, crinière en cascade sur épaules dégagées: cette fille d’Amazonie a des airs d’amazone. Ce jeudi 20 octobre, elle lançait à New York la Fondation Anne Fontaine, alors qu’avait lieu le premier “Forest Day” dans les boutiques éponymes. La moitié du revenu des ventes réalisées pendant cette journée a été reversée à la nouvelle fondation.

Celle-ci sera dirigée par Christine Dutreil, ex-directrice de la communication du groupe Wendel. “J’aimtravailler avec des femmesPlus terriennes, nous avons un rapport au temps différent et l’environnement est un engagement de longue haleine” souligne Anne Fontaine. Les deux partenaires, qui partagent un goût commun pour l’Art s’étaient rencontrées plusieurs fois à Paris. “Quand j’ai su que Christine était à New York, je lui ai proposé d’emblée de nous associer. C’était la candidate idéale”.

Dame nature de la mode

Dans l’univers du luxe, Anne Fontaine est un peu Dame Nature. Les flonflons de la mode ? “Pas vraiment mon truc”, avoue celle qui a bâti un empire sur le concept de la chemise blanche. D’ailleurs, aux buildings de New York, cette Brésilienne arrivée en France à l’âge de 20 ans, préfère de loin sa ferme normande où elle élève ses deux filles, ses poules et ses moutons.

Anne Fontaine a tout juste 17 ans quand elle partage pendant six mois la vie de la tribu Canela d’Amazonie. L’expérience initiatique, “quasi mystique” avoue-t-elle, la marque à jamais. La tribu lui donne un nouveau nom, prémonitoire: “Plume d’Aigle Blanche”. Aujourd’hui figure incontournable du luxe (alors qu’elle rêvait d’être biologiste), elle est à la tête de plus de soixante-dix boutiques aux quatre coins du monde. Pour autant, Anne Fontaine n’a jamais oublié ses racines brésiliennes.

Eduquer, planter, créer

“Mais il y a un temps pour tout”, admet-elle. Après celui de la réussite et de la maternité est donc venu le temps de l’engagement pour celle qui rêvait d’aider ses frères d’Amazonie. Mission de la fondation : garantir la protection de la forêt tropicale atlantique brésilienne. Mieux connue sous le nom de Mata Atlantica, cette forêt de la partie sud de l’Etat de Bahia est en danger de disparition.

“Je suis convaincue que la mode et l’art peuvent aider à faire passer le message, nous explique la styliste. Chaque année nous proposerons à un artiste travaillant sur le recyclage de collaborer avec nous”. Les pièces issues de cette collaboration seront vendues dans les boutiques Anne Fontaine au profit de la fondation.

Des actions qui s’inscrivent dans un programme de protection et de prévention plus large. “La base, c’est l’éducation, poursuit-elle. Quand les gens meurent de faim, couper les arbres est un moyen de survie”. C’est pourquoi la fondation s’est associée à des structures locales de sensibilisation, qu’elle soutiendra financièrement. Partenaire des principaux organismes internationaux de protection de l’environnement comme l’UNEP (United Nations Environment Program) et le Nature Conservacy, Anne Fontaine s’est notamment engagée à soutenir le programme des Nations unies “One Billion Tree ” qui vise à planter un milliard d’arbres dans le monde d’ici cinq ans.

Ci-dessous, notre diaporama de la soirée de lancement de la fondation Anne Fontaine, le 20 octobre, à New York (crédit: Lisa Beaujour)

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Voir le site de la Fondation Anne Fontaine ici