Antoine Treuille, un Franco-Américain entre en campagne

Sur l’une des tables de son appartement de l’Upper East Side, Antoine Treuille a posé trois téléphones : “Un personnel, un pour le travail, et mon fixe”, precise-t-il. Il en aura bientôt un autre : celui du candidat. Car Antoine Treuille annonce à French Morning qu’il brigue le futur poste de député des Français d’Amérique du Nord (élections les 2 et 16 juin prochains). «J’inviterai les Français à me contacter. J’adore rencontrer les gens un à un. »

Installé aux Etats-Unis depuis 37 ans, Antoine Treuille est bien connu de la communauté franco-américaine, celle de New York du moins. Impliqué dans diverses associations françaises aux Etats-Unis (l’association des Essecs aux Etats-Unis, des Cadres de Réserve français aux Etats-Unis et des Amis des Grandes écoles de France), il est surtout connu pour être, depuis 2008, le Président de la French American Foundation (FAF), une organisation qui œuvre au rapprochement de la France et des Etats-Unis, notamment au niveau des décideurs dans les deux pays. Né à Washington de parents français, il siège aussi au conseil d’administration d’Eramet, un groupe minier et métallurgique français coté à la bourse de Paris, et de Harris Interactive, un institut d’études marketing et de sondages d’opinion basé à New York. Il a été directeur associé de Altamont Capital Partners, un fonds d’équité privée américain, et créé en 1999 Mercantile Capital Partners, un fonds d’investissement privé regroupant des investisseurs européens et américains. «Je continue une logique dans laquelle je me suis intéressé à la vie et l’expérience des expatriés, leur potentiel, leurs difficultés, de tout ce qu’ils ont apporté au pays d’accueil en tant qu’ambassadeurs de la France et ce qu’ils ont à apporter à la France grâce à leur expérience aux Etats-Unis », dit-il.

Décrivant sa candidature comme « divers droite », il vient s’ajouter à la liste des candidats locaux de droite qui se présentent malgré le choix du parti majoritaire, l’UMP, d’investir le Secrétaire d’Etat aux PME Frédéric Lefebvre dans cette circonscription qui comprend les Etats-Unis et le Canada. Lui-même avait brigué cette investiture officielle. Malgré cela, M. Treuille rejette l’idée selon laquelle il se présenterait contre son propre camp. «Ma campagne ne s’inscrit contre aucun candidat, ma candidature est celle du rassemblement. Je souhaite répondre aux attentes des expatriés français, temporaires ou de longue date, au Canada et aux Etats-Unis ».

Son programme, lui, ne se veut pas partisan, car selon lui, le clivage droite-gauche n’est pas aussi fort à l’étranger qu’en France. «Mes opinions se sont forgées dans la joie et la frustration de rentrer en France comme aux Etats-Unis, précise-t-il, car je vois à chaque fois les mérites de l’un et de l’autre». Sur le thème de l’éducation française aux Etats-Unis, il se prononce pour un système plus « souple » et « juste », afin d’accroître le nombre d’élèves scolarisés. « Cela peut se faire par l’octroi de bourses ou une gratuité en fonction du revenu des parents », estime-t-il, ou encore l’augmentation du nombre d’établissements homologués par l’Education nationale. Il est favorable à l’extension aux classes de collège de la PEC (prise en charge), la mesure de gratuité de l’enseignement qui concerne aujourd’hui les seuls lycéens des établissements français à l’étranger, et rejette les critiques sur le coût d’une telle mesure : « La mesure coûte 60 millions d’euros. C’est une somme importante. En revanche, comme le retour de ces élèves en France sera facilité car ils auront été scolarisés dans un système français, ce coût parait faible par rapport à l’apport de ces cerveaux à la France.»

Selon M. Treuille, qui effectue «au moins six séjours par an en France depuis quinze ans», le futur député des Français d’Amérique du Nord devra aussi agir en France pour changer l’image des expatriés. Ils sont vus selon lui comme des «évadés fiscaux ou des Français de seconde catégorie», alors qu’ils peuvent «enrichir» les politiques publiques de leurs expériences en matière d’ “entreprenariat économique et social“, de “valorisation des talents individuels” ou de lutte contre les discriminations. Sur le retour de ces Français au pays, « il y a beaucoup à faire sur le plan fiscal ou dans la manière dont les Français sont traités ». Il veut notamment créer des guichets spécialisés pour répondre à leurs problématiques en matière de santé, de retraite, d’éducation, de fiscalité et de logement.

Antoine Treuille, quatre enfants, part en campagne avec un comité électoral composé de soutiens en France et aux Etats-Unis. Il se consacrera à plein temps au mandat qu’il brigue. «Mon engagement, comme dans tout ce que j’ai fait dans la vie, est total. Je ne cumulerai pas les fonctions. Je compte me dévouer à ce rôle et à cette communuauté.»

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