Après “La vie en rose” le cinéma français broie du noir

Les Français sont « des gens merveilleux qui ont donné au monde Catherine Deneuve, le champagne et le ménage à trois » note le Salt Lake Tribune (rien sur le béret ?) qui ajoute le cinéma à cette saine trinité. L’occasion : le festival de films français de Salt Lake City, où le critique a vu, entre autres, le dernier film de Luc Besson, « un réalisateur dont on dit que ses films sont trop français pour Hollywood et trop hollywoodiens pour la France ». Ceci étant, « pourquoi le cinéma français – qui nous a donné Godard, Trauffaut, Louis Malle, Jacques Tati, et Jean-Pierre Melville – semble si ordinaire ces jours ci ? » s’interroge t-il. Parmi ses réponses : de plus en plus de réalisateurs français tournent en anglais et cherchent à s’adapter au public international. « Et les films français ont plus de mal à se faire un créneau sur le marché du cinéma d’art et essai américain, dont les cinéphiles ont leur dose de cinéma d’auteur via la production locale indépendante, passée chaque janvier par Sundance. » Le cinéma français n’est plus le seul cinéma d’auteur visible aux Etats-Unis, « alors que la France et l’Italie ont longtemps eu la main sur le marché des films étrangers, maintenant tout le monde en fait partie et le cinéma étranger peut aussi bien être du Danemark, de Russie, de Chine, de Hong-Kong ou d’Iran ».

Le New York Times
est aussi allé au cinéma, pour voir « La Vie en Rose ». Piaf ne se sentait pas comprise en Amérique, rappelle le quotidien qui y voit une «incompréhension mutuelle» : «elle ne veut même pas essayer un sandwich au corned beef dans un déli de Manhattan». Après avoir vu le film, le critique A. O. Scott note qu’ «il s’avère que nous, Américains, n’avons pas le monopole des chanteurs et compositeurs qui émergent d’enfances traumatisantes, luttent contre la toxicomanie, plongent dans des histoires d’amour difficiles et vont conquérir les coeurs de millions de gens». Car si les goût musicaux ne traversent pas toujours bien les frontières, «les clichés narratifs sont universels ». Le scénario de «La Vie en Rose» a une «structure complexe, manière polie de dire que c’est un foutoir total» continue sa critique. Le film est indicé PG 13, autrement dit un film que les enfants de moins de 13 ans feraient mieux de voir accompagnés de leurs parents, «avec des jurons sous-titrés, de la drogue et des références sexuelles».

Un autre film qu’a vu le New York Times, c’est Sarkozy parlant de politique étrangère. «Dans sa première rencontre formelle de la presse étrangère depuis qu’il est entré en fonction le mois dernier, le président Nicolas Sarkozy s’est donné beaucoup de mal pour être informel». Il est en manche de chemises, mange des fines tranches de charcuterie, gigote dans son fauteuil, avale une pilule blanche sans eau… et demande aux sept journalistes représentant chacun un pays du G-8 d’éteindre leurs magnétophones. «On parlera « off the record » et ensuite on décidera de ce qui est « on », d’accord ?» leur propose t-il en leur expliquant que de voir autant d’enregistreurs, ça lui fait «faire trois pas en arrière».

Robert Gates, le nouveau patron du Pentagone, s’est rendu à Colleville-sur-Mer, au « cimetière où sont enterrés les 9387 américains qui sont morts pendant l’invasion de la Normandie » (non, ici, on n’appelle pas ça le débarquement). Le New York Times y était et a entendu le discours de Gates, essentiellement consacré à la force des liens entre les deux alliés. «Le discours de M. Gates n’était pas typique de ceux des représentants du gouvernement Bush lors de journées patriotiques du souvenir. Il n’y a pas eu de mention de l’Irak ou de l’Afghanistan, et pas d’effort pour lier les sacrifices du passé aux conflits militaires actuels de l’Amérique». C’était la première visite d’un Secrétaire à la défense américain en France en près de dix ans.

Tous les députés de France métropolitaine sont blancs, note le Washington Post. Mais on compte aux législatives beaucoup plus de minorités parmi les candidats qu’il y a cinq ans (250 contre une douzaine il y a cinq ans), des «nouveaux candidats qui débattent ouvertement du racisme et de la discrimination dans un pays où il est illégal de collecter des données sur les races et origines ethniques, et où la discussion de ces questions étaient largement taboue dans les campagnes électorales jusqu’à la présidentielle de cette année».

Le Los Angeles Timess’est intéressé plus particulièrement à la candidature de Jean-Louis Bruguière dans le Lot. «S’appuyant sur ses références en matière de loi et d’ordre, il promet de faire face au problème de la montée de la criminalité, bien que les rues n’aient pas l’air bien méchantes».

Rendez-vous la semaine prochaine dans les gentilles rues de French Morning.