BHL ou DSK: Qui nuit plus à l’image de la France?

L’article de Bernard Henri Levy publié dans le Daily Beast et dont nous vous parlions la semaine dernière a fait des remous. Au NY Times, l’éditorialiste Joe Nocera a vivement répondu au philosophe, encensant le District Attorney pour sa réactivité dans l’affaire DSK et réduisant BHL a quelqu’un qui “préfère vivre dans un pays où on demande rarement des comptes aux élites, où les crimes contre les femmes sont habituellement excusés en un clin d’oeil et où les personnes démunies sont traités comme les personnes insignifiantes que la classe française aisée pense qu’ils sont. ”  Bernard Henri Levy a répondu à son tour à l’intéressé durant une émission de CNN où il dénonce de nouveau la façon dont les procès se transforment ici en “cartoon”, ces dessins animés qui ont pour but de divertir le plus grand nombre.

Toujours dans le New York Times, le journaliste Clyde Haberman revient sur les conséquences du cas DSK pour la communauté française de New York à l’approche du 14 juillet. Selon lui, ce ne sont que des “whiffs“, des relents d’animosités hérités du refus d’intervenir en Irak. Mais des relents détectables, dit-il, à la vue des titres de tabloïds graveleux qui nourrissent l’image d’un Français sournois et aux moeurs légères.

Dans le New Yorker, on rend compte des différences entre le système judiciaire Français et Américain dans l’affaire DSK. Intitulé “juges or jury ?”, l’article s’interroge à la fois sur la rapide propension des jurés américains à davantage osciller du côté de la victime, mais aussi sur la qualification de ceux-ci comparé aux juges Français. L’auteur ne manque d’ailleurs pas de faire un bref rappel sur la formation des juges en France et de souligner la complexité de l’examen d’entrée à l’École Nationale de la Magistrature.

Côté culture, que ce soit le Huffington Post ou encore le Los Angeles Times, de nombreux journaux américains s’émeuvent du décès du chorégraphe Roland Petit. Nombre d’entre eux reviennent sur le parcours de celui qui jonglait entre Paris et Hollywood et côtoyait les plus grands tels que Fred Astaire ou encore Orson Welles.

Dans le NY times, l’écrivain Marc Fumaroli fait honneur à la France avec son livre “When the world spoke French“. L’auteur revient sur cette époque où parler français était synonyme d’éducation et d’élitisme et où la France était le centre culturel de l’Europe. Face à l’avènement de l’anglais comme langue de référence, il tire une conclusion assez optimiste : “Je suis amené à croire par mon expérience que le nombre de personnes dans le monde d’aujourd’hui capables d’une réelle conversation en Français a en vérité augmenté”. Et au journaliste de nuancer ” la traditionnelle sophistication du Français conserve sa grande influence sur une petite élite internationale “.

Du côté du Wall Street Journal, les Rencontres Économiques d’Aix-en Provence prennent une tournure peu crédible dans les lignes de Frances Robinson. Difficile de ne pas sentir l’ironie lorsqu’il conclut : “La France a toujours excellé dans les belles idées. Que ce soit “liberté, égalité et fraternité” ou les 35h, c’est un pays qui a la réputation d’innover dans les grands concepts. Aix consiste à penser sous un ciel bleu plutôt qu’à penser à faire le ciel plus bleu; attendons de voir laquelle des idées de cette année va passer de ces ruelles provençales sinueuses à la réalité…”