Bomb Cyclone: quand un vol Paris-New York fait demi-tour à mi-chemin

L'écran de vol du Paris-New York / crédit: Valérie-Anne Demulier

(Mis à jour avec le commentaire de Norwegian Airlines)

Quand le pilote a dit ‘we need to go back to Paris’, tout le monde s’est marré. C’était tellement gros que c’était absurde“. Romain-Alexis Bouché fait partie des passagers malheureux d’un vol Paris-New York de Norwegian Airlines qui a rebroussé chemin, jeudi 4 janvier, à mi-chemin au-dessus de l’Atlantique, au bout de quatre heures de vol.

En cause: l’aéroport JFK avait été fermé en raison du “Bomb Cyclone”. “C’était un vol tranquille. Arrivé au niveau du Groënland, le pilote a décroché son micro. Il y avait beaucoup de ‘euh’ dans sa voix. Il nous a annoncé que l’aéroport avait été fermé jusqu’à 7am.”

Selon le jeune Français, le pilote aurait informé les passagers que la compagnie avait anticipé le scénario et pris des réserves supplémentaires de carburant pour “tourner autour de l’aéroport“. Malheureusement, l’avion n’en avait pas assez pour tenir jusqu’à 7am et le pilote a décidé de rebrousser chemin.

Tout le Nord-Est était recouvert de neige jeudi. Alors que de telles décisions sont prises de concert avec le pilote, les opérations et le contrôle aérien, l’équipe de vol doit parfois faire ce que les autorités aéroportuaires locales lui demandent. Par conséquent, par précaution et avec la sécurité de nos passagers comme priorité, l’avion est retourné à Paris“, a confié Norwegian Airlines dans un e-mail.

Le retour n’a pas été de tout repos pour les passagers, dont le vol était déjà parti avec trois heures de retard. Placés dans un hôtel près de Roissy Charles-de-Gaulle à leur atterrissage tôt le vendredi, ils ont à peine eu le temps de fermer l’oeil qu’ils ont reçu un message de Norwegian les informant qu’un vol de remplacement avait été trouvé pour plus tard dans la journée. Mais ce vol, opéré par la compagnie Vamos Air, a finalement été décalé à samedi 7 heures du matin au grand dam des passagers qui avaient fait le déplacement pour découvrir une file d’attente “insensée” de clients frustrés et en colère à la porte d’embarquement.

Valérie-Anne Demulier, fondatrice du réseau She for S.H.E à New York, faisait également partie de ce vol cauchemardesque. Après avoir dormi deux heures, elle dit ressentir beaucoup de “fatigue surtout et un peu d’amertume liée au manque d’informations cohérentes. J’ai très envie d’être de retour chez moi ! Je pense surtout aux gens qui avaient des obligations à New York, comme cette fille qui avait une audition qui n’a lieu qu’une fois tous les trois ans, ou encore ces parents avec leur bébé qui doit être complètement déphasé… Je croise les doigts pour partir samedi matin, comme annoncé. En tout cas, au final, ça fait une histoire originale à raconter“.

Le plus frustrant, ce sont les informations. C’était n’importe quoi. Je n’ai jamais eu une sale expérience comme ça. Et pourtant, je prends beaucoup l’avion. Le bon côté, c’est qu’on s’est retrouvés tous pour déjeuner et partager nos histoires, relativise Romain-Alexis Bouché, qui s’est lié d’amitié avec une étudiante française, Laëtitia Vançon, qui a loupé sa date d’emménagement à New York à cause de cette affaire. “On espère juste que le vol partira bien samedi car ma rentrée est lundi !“, lance-t-elle.