Brut de femme

Un regard bleu azur, une chevelure dorée, un sourire ravageur. Du haut de ses 1m86, Marie Line a moins l’allure d’une chanteuse de Hip Hop que d’un mannequin suédois. « J’ai fait du mannequinat quand j’avais 17 ans» se souvient-elle, «le problème c’est que je ne rentrais pas dans les vêtements, j’étais trop grande ». Trop atypique sans doute aussi.
Cette niçoise, expatriée à New York dés l’âge de 18 ans, s’est toujours refusée à suivre une ligne directrice. Préférant saisir les opportunités qui se présentent, Marie Line se plaît à goûter aux plaisirs de la vie pour n’en garder que le meilleur. « Adolescente, je voulais être joueuse de tennis comme mon père et mon frère. Ensuite, j’ai fait du théâtre durant deux ans à New York. Puis, j’ai fait des apparitions dans Sous le soleil ou dans la série américaine Rescue me. J’ai aussi jouer dans un long métrage américain qui sortira cet automne». Se lancer dans la musique peut sembler être une suite logique pour cette autodidacte, cela n’a pourtant pas été aussi simple.

Marie Line l’inclassable
« Je n’ai pas eu d’éducation musicale. Mes parents n’écoutaient jamais de musique » explique t-elle. En fait, c’est par besoin que Marie Line s’est mise à écrire. « Quand je suis arrivée à New York j’étais perdue car je ne savais pas quoi faire. C’était assez délicat surtout dans cette ville où tout va si vite, j’avais besoin d’écrire pour me ressourcer ». Il a alors fallu faire ses premières armes dans un milieu exigeant. « J’ai fait mes trois premières chanson à Londres. Je suis ensuite allé frapper à la porte de maison de disque en France mais ils n’ont dit d’affiner mon style » soupire t-elle. De quoi déplaire à cette néophyte de la chanson qui n’a aucune envie « d’être mise dans une case » pour ne plus pouvoir en sortir. Marie line est inclassable. Ses mélodies vont du Hip Hop, au R N B en passant par la pop. « J’aime beaucoup des artistes comme Kamaro pour l’aspect show à l’américaine de sa carrière, J-LO et Christina Aguillera pour leur coté sexy. En ce moment c’est Diam’s que je préfère. Ces textes sont forts, elle parle crûment de choses qui fâchent ».

« Je ne suis pas romantique »
C’est justement ce qui caractérise les paroles des chansons de Marie-Line. Elle aborde sans détour ce qui choque. Son thème de prédilection : les femmes, leurs désirs, leurs envies, leurs fantasmes. « Je suis fascinée par la puissance de séduction des femmes. Je ne suis pas féministe mais je revendique le droit de pas se cantonner à un rôle de femme mariée». Et ce, quitte à être politiquement incorrect. Avec sa chanson « Quand je te vois je pense à ça », Marie Line parle d’une femme qui souhaite simplement se livrer au plaisir charnel. Un brin autobiographique ? « Même si j’évoque les femmes en général, je parle aussi de moi. Je ne suis pas romantique, j’ai toujours été séductrice dans l’âme » s’amuse la chanteuse. « Les autres femmes pensent comme moi mais le cache. J’ai envie de porter ce message pour dire les choses crûment telles qu’elles existent ».
Cette sensualité décomplexée, Marie line la chantera vendredi soir. «J’appréhende un peu la réaction du public mais cela rend mon concert terriblement excitant ». Marie Line a une 10e de chansons de ce type à son répertoire, pourtant elle compte bien varier les plaisirs en écrivant sur des sujets plus politiques notamment sur la France et « la capacité des Français à toujours se plaindre ». Mais pour l’instant sa priorité est de trouver un producteur. « J’essaye de travailler dur sur scène pour qu’un jour quelqu‘un me remarque le plus tôt possible ». Dés vendredi soir peut-être.

Cutting Room, 29 juin à partir de 19H30. Admission 15 dollars
site de Marie-Line