Ca mange et ça dort

On commence donc cette revue de presse hebdomadaire par le portrait tout en éloge que dresse le New York Post de notre beau pays et des ses habitants : « Ces agitateurs de drapeaux blanc et mangeurs de brie de Français ressemblent bien a leur stéréotypes d’adeptes de la nourriture, et peuvent maintenant ajouter à leurs habitudes de paresseux le sommeil ». Tout en finesse et en distinction, le tabloïd analyse un sondage publié par l’OCDE : 9 heures en moyenne passées au lit et 2 heures de la journée passées à manger et à boire : « un temps plus que considérable ».

Pour les viticulteurs français c’est la « concoction européenne » qui est difficile à digérer. Le Washington Post rejoue l’éternel poncif de la bataille du grand contre le petit, du bureaucrate bruxellois contre l’exploitant viticulteur provençal, « une attaque contre l’héritage Méditerranéen, une fêlure dans la civilisation française, un crime contre les amis du vins ». En cause, la décision de pouvoir appeler «rosé» un mélange de vins blancs et vins rouges.  « Ces points de vue divergents ont encore une fois mis en évidence les critiques de la tradition du bien vivre et de la gastronomie contre ce qui apparaît comme la course irrépressible aux profits ».

Bonnes nouvelles cependant dans les assiettes du «touriste et du consommateur assiégé : le prix du diner au restaurant s’apprête à baisser». Le New York Times déchante pour «les amoureux du vins», pas de baisses annoncées sur le prix des bouteilles. L’annonce du gouvernement français devrait ainsi permettre de faire revenir les gens au restaurant : «La France a une des plus fortes taxes dans la restauration de toute l’Union Européenne. Depuis des années, ce fut l’un des points de mécontentement des hôteliers et restaurateurs français : le surcoût découragerait les clients en maintenant les prix à la hausse ». Reste à savoir si le français deviendra plus généreux sur le tips. «Pas sûr».

Toujours dans le New York Times : le retour au Parlement de la fameuse loi anti-pirates, plus connue sous le petit nom d’Hadopi. L’essentiel du problème viendrait de la fameuse riposte graduée, traduite ici par «three strikes» et de l’équité de laisser à une agence gouvernementale le pouvoir de couper les abonnements. Les artistes sont peut être du côté de la ministre de la culture «mais on ne peut dire la même chose de la part de nombreux députes qui l’ont interrompu de leurs huées».

Enfin, le TIME Magazine aborde le délicat sujet de l’antisémitisme français, en couvrant l’ouverture du procès des meurtriers présumés du jeune Ilan Halimi. Reprenant l’éditorial de Laurent Joffrin dans Libération, le TIME met en parallèle la montée des violences antisémites en France et les affrontements au Moyen Orient : «le vieux fléau est nourri par la tendance à vouloir tenir pour responsable les juifs français des actions d’Israël». Néamoins, la France change: « comme elle l’a prouvé récemment en reconnaissant les périodes les plus noires de son histoire sous l’Occupation Nazie, la France se montre claire dans sa volonté d’affronter l’antisémitisme plus que de le denier. C’est tout du moins ce que prouve la déclaration sur le meurtre d’Halimi ».