Ca roule pour Renaud Dutreil

Renaud Dutreil serait-il Bertrand Delanoë? Non. Toujours est-il qu’à peine débarqué à New York pour prendre les rênes de LVMH à l’automne 2008, Renaud Dutreil rencontre le maire de New York Michael Bloomberg. Ensemble, ils fomentent leur révolution : la bicyclette.

En partenariat avec le département des transports de la ville, LVMH vient de remettre le prix du “Bike in Style Challenge” aux étudiants du Fashion Institute of Technology (FIT). Le défi? Créer des vêtements confortables pour le vélo : un poncho, un blouson, un sac de voyage, pour hommes et pour femmes. Les travaux étaient supervisés par la papesse de la mode Donna Karan, dont la marque est dans le giron du groupe. La gagnante du concours Jessica Velasquez a remporté $5000 et Marion Cotillard, le visage de la nouvelle campagne Lady Dior (la marque fait aussi partie du groupe), était présente pour la féliciter.

French Morning: Comment est né le projet ?
Renaud Dutreil: J’ai rencontré le maire de New York en octobre. Nous avons regardé quels étaient les projets sur les nous pouvions travailler ensemble. L’objectif est de rendre à la mode le fait d’utiliser le vélo comme moyen de transport. Moi-même, je me sers du vélo comme moyen de transport depuis très longtemps, aussi bien à Paris qu’à New York maintenant.

Vous allez au travail à vélo tous les jours ?
Oui sauf quand il pleut à verse ou quand il neige. Depuis le 1er septembre, j’ai dû laisser mon vélo chez moi une quinzaine de jours.

Vous arrivez à garder le style ?
Ce que les New yorkais n’imaginent pas encore est qu’on peut utiliser le vélo et porter un costume ou être une femme élégante. C’est une chose qui à Paris est rentrée dans les mœurs.

Vous portez un casque ?
Non pour dire la vérité mais je devrais.

Ce n’est pas trop dangereux de rouler à vélo dans New York?
Le vélo, comme dans toutes les villes, est en train de se créer son propre espace. La cohabitation avec les autres modes de transport se transforme. Le programme de la ville de New York inclut un ambitieux réseau de pistes cyclables.

Vous êtes adepte du Vélib ?
Je l’utilise quand je suis a Paris. Cela dit, les utilisateurs fréquents du vélo finissent par avoir leur propre vélo. On peut imaginer un New York «éco/bike friendly» sans le Vélib. Le Vélib n’est pas la condition indispensable pour qu’une ville devienne ouverte aux cyclistes. Dans des pays scandinaves, le vélo est un outil démocratique de transport sans pour autant qu’il y ait un système public de Vélib.

Le groupe a-t-il été inspiré par l’élan initié par Obama en matière d’environnement?
[La protection de la qualité de l’environnement] est dans la logique d’un groupe très attaché à la qualité. Pour LVMH, ce n’est pas nouveau. LVMH a été l’une des premières entreprises à proposer à ses salariés un abonnement au Vélib. Récemment, Bernard Arnault a annoncé un investissement dans Edun [une marque de prêt-à-porter éthique, détenue par Bono et sa femme Ali Hewson], ce qui s’inscrit aussi dans la même ligne.
Ce qui est nouveau, c’est que les Américains avec une vitesse très grande, deviennent de plus en sensible à la lutte contre le réchauffement climatique, à la fois d’une façon générale (et ça a été très bien porté par la campagne d’Obama) mais également au niveau individuel avec des projets verts qui se déclinent dans la vie quotidienne des gens. On voit très nettement ce changement s’opérer à New York.

Ses balades favorites à vélo:

-La bike lane qui longe l’Hudson river est un très bel aménagement urbain, que ça soit au sud vers Battery Park ou au nord en remontant vers les Cloisters.”

“- Sinon Central Park est superbe.”