C’est le moment de profiter de la crise

La crise économique a fini par rattraper le marché immobilier new-yorkais. Même à Manhattan, qui avait resisté jusqu’à cet été, les stocks d’appartements à vendre ou à louer se sont mis à gonfler. En entraînant mécaniquement un recul des prix.

Pour les agents immobiliers, ou «brokers» comme on les appelle ici, la situation est inédite. «Depuis septembre, presque tout a baissé de 5 à 10%, que ce soit au niveau des prix de vente ou des loyers» assure Olivia Illiouz, senior associate chez Citi Habitats. A une seule exception, peut-être, «les quartiers très haut de gamme comme Park Avenue, la 5eme avenue, West Village ou Greenwich» précise t-elle.
Olivia Illouz, broker chez Citi Habitats

Pour Martine Capdevielle, associate broker chez Mercedes/Berk, les baisses de prix les plus fortes sont localisées «downtown», c’est à dire dans le bas de Manhattan. «Des quartiers comme Chelsea sont habités par une population plus jeune et moins aisée que celle de L’Upper East Side et du Upper West side, et donc beaucoup plus exposée aux licenciements ou aux baisses des bonus dans le secteur financier. Les prix de l’immobilier de ces quartiers devraient s’en ressentir ».

Pour ceux qui sont à la recherche d’une nouvelle location, la période est donc plutôt favorable. D’autant plus que de nombreux propriétaires, ne voulant pas brader leurs appartements à la vente, préfèrent les mettre en location en attendant des jours meilleurs. «Je vois une autre tendance apparaître, » ajoute Martine Capdevielle, « des New-Yorkais qui veulent réduire leur train de vie en déménageant dans leur maison de campagne, dans les Hamptons par exemple, et en sous-louant leur appartement de Manhattan». Le choix est donc de plus en plus large. «Pour la première fois depuis longtemps, le marché est du coté des locataires, et plus du coté des propriétaires» assure Olivia Illiouz.

Nadine Frentte, broker chez Gregory James & Associates
Pour Nadine Frenette, vice-présidente de Gregory James & Associates,  «les grands propriétaires sont conscients de la réalité du marché. Il est courant maintenant qu’ils offrent jusqu’à deux mois de loyer ou qu’ils prennent en charge les frais d’agence (NDLR : généralement 15% du loyer annuel).» Mais attention, prévient Martine Capdevielle: «ne changez pas de location juste pour profiter d’une baisse de prix limitée. Un déménagement coûte cher, et il faut bien calculer au final quels seront les gains de l’opération».

Et pour justement ceux qui n’ont pas envie de changer d’appartement ? «Si vous arrivez en fin de bail, vous ne risquez rien à négocier une baisse de loyer» assure Olivia Illouz. «Entre les frais de remise en état de l’appartement et les frais de commercialisation, d’autant plus que les frais d’agence sont en plus souvent pris en charge par le propriétaire, ce dernier à tout intérêt à vous garder» ajoute t-elle. Un peu partout dans New-York, des propriétaires de grands ensembles commencent à faire des concessions pour conserver des locataires heureux. Cela va de la réduction automatique de loyer, à la rénovation de parties communes (salle de jeux pour les enfants,…) en passant par fourniture de nouveaux services. Sur Roosevelt Island, par exemple, les habitants de l’ensemble Octagon devraient bientôt disposer gratuitement d’un bateau taxi pour les relier à Manhattan. «Nous voulons que l’immeuble reste plein et nous sommes prudents» a simplement expliqué le gérant d’Octagon au magazine New York.

Reste enfin, pour ceux qui ont les moyens, l’option d’acheter un logement, avec l’espoir bien sûr de la bonne affaire bradée. «Certes, le marché de la vente est à la baisse, mais il n’est pas du tout désespéré» prévient toutefois Martine Capdevielle. «Récemment, sur un appartement en vente à trois millions et demi de dollars, j’ai tenté une proposition avec 15% de baisse pour un client prêt à payer cash. Le propriétaire ne m’a même pas rappelé». Alors, faut-il encore attendre un peu avant de faire le grand saut ? La plupart des brokers estiment en effet que la baisse va encore se poursuivre. En revanche, personne ne sait jusqu’à quand et avec quelle amplitude. «New York est une métropole mondiale de premier plan qui restera toujours une valeur sûre. Les prix ne peuvent pas s’effondrer. Avec la baisse prochaine des taux pour les prêts immobiliers, le marché pourrait à nouveau se retourner assez rapidement» assure Olivia Illouz.

Quelques Agents immobiliers francophones à New-York:

Martine Capdevielle chez Mercedes/Berk
Rabah Chebout chez Urban Living
Nadine Frenette chez Gregory James & Associates
Olivia Illouz chez Citi Habitats
Annie Kleinschmidt chez AKNY
Hanifa Scully chez Corcoran