Cinéma et bouts de ficelle

Un restaurant de Chelsea : attablé, Jean-Marc Barr, souriant, discute de la présentation au festival de Chacun sa nuit, son quatrième film comme cinéaste, co-réalisé avec Pascal Arnold. Produit avec “rien” (700 000 Euros), tourné en DV, ce polar sensuel sur l’adolescence (« il y a plein de sexe», précise t-il avec un clin d’oeil) a été bien reçu par le public new-yorkais –mieux qu’en France semble t-il.
Il s’estime heureux : “le film a été acheté aux Etats-Unis et sera bientôt distribué à New York, San Francisco et Los Angeles par Red Envelope, une branche de Netflix [location de DVDs en ligne] ». Ces mêmes acheteurs vont peut-être co-produire son prochain film, toujours en collaboration avec Pascal Arnold, dont le tournage est prévu cet été à Montpellier.

L’acteur de 46 ans est parfaitement bilingue, et pour cause, Parisien la moitié de l’année, il vit le reste du temps à San Diego. Il a été habitué à ces allées et venues transatlantiques depuis son enfance : « mon père est Américain et ma mère Française, du coup j’ai partagé mon enfance entre la côte Est des Etats-Unis où mon père était pilote d’Air Force One, et Paris».

L’acteur de Lars von Trier et du Grand bleu tire parti de ces nouveaux projets à moindre frais. Pendant son passage à New York, il tient le premier rôle aux cotés d’Isild Le Besco dans Annette and Her, un film réalisé par le photographe arménien Haik Kocharian, installé à New York depuis 10 ans. Le tournage, sans aucun financement, les emmène de Central Park aux rues glaciales de New York. Semi improvisé, le film incorpore des scènes réelles : assise à une table voisine, Isild Le Besco répond aux questions des journalistes et, de temps à autres, se lève, suivie par son frère Jowan, qui tient la camera. “C’est une histoire d’amour et de haine”, lache t-il. On n’en saura pas plus…