Coût de la vie: le match Paris-New York

« Mais c’est donné, ici !!» s’exclament parfois les touristes français en s’extasiant devant le prix des jeans Levi’s sur Broadway. Désormais, vous aurez un argument béton à leur opposer : comme le démontre une étude du cabinet Mercer menée en mars 2009, New York est plus cher que Paris… la faute à l’immobilier. Jugez plutôt : pour louer un appartement de deux chambres non meublé, vous devrez vous acquitter de 4 300 dollars par mois à New York, contre 2819 dollars à Paris.
[ad#Article-Defaut] Pour le reste, en revanche, il n’y a pas de quoi se plaindre. La plupart des neuf articles retenus par Mercer dans la version finale de l’étude communiquée ces jours-ci à la presse sont meilleur marché à New York. Ainsi, une tasse de café, service compris, y coûte en moyenne 4,40 dollars, contre 5,89 dollars à Paris (l’enquête ne dit pas pas elle est en carton ou en porcelaine, et si vient accompagnée d’une amande enrobée de chocolat). Un litre de lait s’achète 1,58 dollars, contre 1,86 à Paris. L’essence, taxes oblige, coûte plus du double dans la capitale française. Le hamburger y est près de 25% plus cher. Idem pour un ticket de métro, un CD, ou un quotidien international : vous êtes gagnant à New York. Hélas ! Les prix de l’immobilier sont tels qu’ils suffisent à plomber la Grosse Pomme.

Publié chaque année, le palmarès de Mercer a pour objectif d’aider les sociétés internationales à définir le salaire de leurs cadres expatriés. Pour l’établir, l’institut a comparé les prix en dollars américains de plus de 150 postes de dépenses dans 143 villes. New York a servi d’étalon, soit d’indice 100. A titre de comparaison, Paris cumule 95,1 points. Devant New York, on trouve Tokyo, Osaka ou encore Moscou.

Reste un bémol : l’enquête a été réalisée en mars 2009, à l’époque où le dollar connaissait une embellie, ce qui explique que New York soit passé de la 22ème à la 8ème place entre 2008 et 2009. Depuis, le billet vert a perdu de sa vigueur. Il vaut deux tiers de l’euro aujourd’hui… Il faut donc relativiser ces résultats à l’aune du taux de change. « Si on refaisait cette étude aujourd’hui, il y aurait de fortes chances pour que New York repasse derrière Paris » affirme ainsi Stecy Bronstein, chargée d’étude à Mercer.

Autre limite de l’enquête : elle se base sur des biens de consommation courante et ne prend pas en compte le pouvoir d’achat des citoyens, pays par pays. Selon le site payscale.com, le salaire médian des cadres parisiens et new-yorkais serait sensiblement le même, aux alentours de 65 000 dollars. Mais quand on connaît les avantages dont bénéficient les Français en termes d’assurance-maladie, de plans épargne-retraite ou encore d’éducation, cela fournit de nouveaux arguments à opposer à ceux qui soutiennent que la vie est moins chère à New York qu’à Paris. Envoyez-les chez le médecin ou inscrire leur enfant à la crèche… Ils risquent de faire gloups en avalant leur café.