Crise d’identité franco-belge

C’est à 21 ans qu’Andrée Vermeulen a enfin appris la vérité sur son identité. Malgré tout le brie et les escargots ingurgités pendant son enfance, elle a dû accepter qu’au lieu d’être franco-américaine, elle était à moitié belge. Un tel secret de famille peut paraître dérisoire. Mais cinq ans plus tard, c’est autour de ce déchirement culturel que la jeune actrice construit son one-woman show, « French Toast », au théâtre de l’Upright Citizens Brigade (UCB).

Le scénario est tiré de l’histoire personnelle d’Andrée, dont le père a quitté la Belgique à onze ans pour aller dans une école équestre française. Depuis, il a cessé de mentionner ses origines flamandes, et ce n’est que peu avant sa mort qu’Andrée a découvert la vérité, grâce à une histoire de visa.

Ces questions délicates sont abordées dans « French Toast », trente minutes de monologue entrecoupées de vidéos. « La Belgique, c’est comme le New Jersey de l’Europe…Personne ne veut être belge ! » crie Andrée, avant de se disputer avec le fantôme de son père. Gaufres contre baguettes, qui va l’emporter ? La jeune Vermeulen va-t-elle enfin comprendre que la Belgique est un pays formidable ?

L’histoire familiale est intéressante, mais le spectacle est plutôt inégal, avec un humour moins déjanté que la plupart des autres shows de l’UCB. Les Belges auront droit à quelques blagues sur Jean-Claude Van Damme, et les Français seront peut-être gênés de se voir encore associés au French cancan et aux bérets.

Un des moments les plus drôles est une vidéo dans laquelle l’acteur Thomas Middleditch mimique un fonctionnaire de l’ambassade de France, un moustachu renfrogné avec une cravate marron. Il annonce à Andrée, en recrachant son café sur elle (et en la traitant d’oie), que Vermeulen est un nom belge. Le Quai d’Orsay n’a pas à s’inquiéter, la scène est entièrement fictive. Mais ce petit employé pénible aide Andrée à renoncer enfin à la France.

De retour sur scène et après une lutte intérieure chaotique, ses derniers mots sont « Je suis Belge ! » French Morning a confirmé : la comédienne new-yorkaise adore Bruges, les moules frites et la bière. Chaque année, elle va même rendre visite à sa grand-mère à Oostende. Mais pour la double nationalité, elle a laissé tomber. Trop de paperasse.

Mercredi 10 février à 20 heures (dernière représentation)
« French Toast », suivi de « Highly Evolved Human », par Nick Ross
Le tout pour 5$
Upright Citizens Brigade Theater
307 W. 26th Street, New York NY

www.ucbtheater.com