Cynisme, mensonges et congés payés

La France est le pays de Descartes et de Sartre. Mitterand aimait la littérature et les promenades «mais dans le gouvernement du président Nicolas Sarkozy, penser a perdu de son cachet», relève Elaine Sciolino dans le New York Times.

George Pompidou était l’auteur d’une anthologie de poésie, Mitterrand collectionnait les livres rares, Giscard a écrit des «volumes politiques importants», et «même Jacques Chirac qui aime boire de la bière et manger des saucisses est reconnu comme un expert en art et culture asiatiques». Sarkozy, lui, «a cultivé son image de non-intellectuel» et, à la différence de ses prédécesseurs, aime se vanter qu’il n’a pas fait l’ENA.

Exemple encore au sein de son gouvernement, le discours de la ministre des finances Christine Lagarde à l’Assemblée dans lequel on l’a entendue dire «assez pensé maintenant, retroussons nos manches». La correspondante du New York Times a demandé à Bernard Henri Levy ce qu’il en pensait : «c’est le genre de chose qu’on entend dans les conversations de café de la part de crétins qui ont trop bu» dit-il de la phrase de Lagarde. «Je suis pro-américain, pro économie de marché, donc j’aurais pu voter pour Nicolas Sarkozy mais cette tendance anti-intellectuelle est une des raisons pour laquelle je ne l’ai pas fait».

BHL continue de se demander pourquoi il n’a pas voté pour Sarkozy dans une critique du livre du président français publiée par le supplément livres du New York Times. «C’est vraiment une spécialité française », dit-il de l’écriture de livres par les hommes politiques français. Tiens, BHL a dû louper les livres d’Obama, Hillary, Edwards, Giuliani, McCain, Huckabee et de quasiment tous les candidats aux élections américaines de 2008.

A propos des infirmières bulgares, Slate publie une note de Laurie Garrett du Council on Foreign Relations (un groupe de réflexion politique) à ses collègues dans laquelle elle observe que la visite des Sarkozy n’a plu ni à ses adversaires, ni aux européens. Ni la France, ni l’Union Européenne n’ont déterminé leur libération selon elle : des chèques, qu’elle pense financés par le Qatar, auraient été versés à 460 familles, avec un million de dollar par enfant infecté.

Le Christian Science Monitor consacre un article au «cercle étroit des amis des média de Sarkozy». Susan Sachs note que «la concentration de la propriété des médias entre les mains de quelques industriels bien connectés était en marche depuis des années. Mais les cercles d’influence, de richesse et de pouvoir politique convergent à un degré inhabituel dans la France de M. Sarkozy».

Cinéma maintenant. Ethan Gilsdorf du Boston Globe a regardé la dernière moisson du dernier festival du film français de Boston. Il n’en revient pas de voir à quel point les relations entre les gens sont –p– chahutées dans ces films. «Non seulement les personnages ont du mal avec la fidélité (comme c’est souvent le cas de Français) mais aussi avec la camaraderie.» Dans les 28 films présentés, «les protagonistes mentent aux enfants, trompent leurs amants, et manipulent leurs amis à des fins personnelles».

Le New York Times est allé voir « Mon meilleur ami », le dernier film de Patrice Leconte. C’est «un conte sentimental réconfortant, qui serait horriblement mièvre s’il était produit par Hollywood et insupportablement froid s’il était montré à Sundance», note le critique. «Mais en français, ça passe.»

Film encore. Dans une tribune publiée par le Los Angeles Times, Ezra Klein écrit que les «révélations les plus étonnantes de « Sicko » de Michael Moore n’ont rien à voir avec le système médical». Elles portent sur «la durée des vacances, la durée des vacances françaises pour être précis». Il raconte qu’en sortant du cinéma, la plupart des commentaires qu’il a entendus portaient sur la scène où Moore filme un groupe d’expats américains à table à Paris qui lui parlent des 30 jours de congés payés, des jours illimités d’arrêt maladie, et des aides pour élever des enfants. «Pourquoi ne peut-on pas avoir la même chose ?» se demandaient ses compagnons de cinéma.

La Californie devrait se mettre au Côtes du Rhone. C’est l’avis de Tim Teichgraeber dans le San Francisco Chronicle. Le verre de côte du Rhone «peut se boire avec tout, est fiable et aussi confortable qu’un vieux Levi’s». On découvre dans cet article le concept du « vin du mardi soir», soit un vin «qui va avec la bouffe simple que ce soit de la pizza, des hamburgers ou de la cuisine à emporter et à manger avec votre moitié ». Pourquoi la France arrive à faire des bons vins de terroir pas cher et pas la Californie ? Entre autres, selon l’article parce que les producteurs français ont acheté leurs terres depuis des générations et ont fini de les payer et puis parce que les coûts de packaging sont moins chers en France. On note aussi que la consommation de vin augmente aux Etats-Unis et décline en France, d’où l’intérêt des distributeurs français pour le marché américain.

Dans la série Auto Ego, rencontrez Robert Monteleone dans le New York Times, un américain propriétaire d’une DS 19. C’est à 14 ans que Robert a vu la première Citroën de sa vie. Vingt-huit ans plus tard il est obsédé par la marque qui a abandonné le marché américain en 1974 et participe tous les ans au «Citroën Rendez-vous » de Saratoga Springs, au nord de New York. Curieusement, le supplément automobile du New York Times nous apprend aussi que Robert est homosexuel. Mince alors, que la DS devienne une icône gay, mes grands-pères ne l’avaient pas vu venir.