Daft Punk de retour à New York

Daft Punk en concert ? « C’est une énorme tuerie », affirme un fan Français, de passage à New York. Le 9 août, le groupe emblématique de la French Touch sera en concert à Brooklyn, au stade de Keyspan Park, dernière étape d’une tournée Nord-Américaine qui les a successivement amenés à Los Angeles, Berkeley, Seattle, Denver, Chicago, dans l’Ontario et à Montréal.

Près de 10000 spectateurs sont attendus pour cette grand-messe électro orchestrée par Thomas Banglater et Guy-Manuel de Homem-Christo, les deux Frenchies qui composent Daft Punk. La première partie de la soirée sera assurée par Kavinsky et Sebastian, deux artistes francais, ainsi que The Rapture, une formation new-yorkaise. Puis, juché au sommet d’une pyramide géante que vous pouvez d’ores et déja admirer sur youtube.com, Daft Punk fera son apparition. Au programme : du son à reveiller un mort, des tubes comme « Around The World », « One More Time » ou encore « Robot Rock », mais aussi et surtout, des effets visuels et des jeux de lumière ultra-sophistiqués qui projetteront les spectateurs dans 90 minutes d’hallucination collective.

Madonna eclipsée

« Best concert ever » : sur les blogs musicaux, les fans qui ont pu assister au concert inaugural de la tournée, le 21 juillet dernier à Los Angeles, en sont encore tout ébahis. « Je n’ai jamais vu ça, affirme l’un deux, Daft Punk éclipse tous les autres groupes ! ». Et pourtant, les deux Frenchies donnent peu à voir : cachés derrière un casque de moto – une habitude qu’ils ont prise voici quelques années pour échapper à la célébrité–, économisant leur mouvements, et cultivant le style robot, ils ne sont pas du genre à se dehancher sur les planches façon Mick Jagger. Tout réside dans la mise en scène, gigantesque, démesurée. Mais le plus beau spectacle, affirme un autre aficionado, c’est encore celui que donne à voir le public : une foule mouvante, sautillante, ondulant comme une mer déchaînée, balayée par des éclairs de lumière tandis que gronde le tonnerre des synthétiseurs. –p–

Thomas Banglater et Guy-Manuel de Homem-Christo n’en sont pas à leur première tournée américaine. Ils avaient déjà franchi l’Atlantique en 1997, à l’époque de « Homework », leur premier album signé Daft Punk. Puis plus rien. Malgré l’énorme succès commercial de « Discovery », leur second opus sorti en 2001, ou les bonnes critiques réservées en 2006 à « Human After All », leur troisième et dernier album en date, ils semblaient bouder la scène.

Sur le blog du festival Coachella, les fans réclamaient à cors et à cris leur retour à Los Angeles. Ce fut chose faite en avril 2006. Le succès de leur concert fut tel qu’ils en éclipsèrent presque Madonna, tête de série du Festival. Et qu’ils se décidèrent à entamer une nouvelle tournée aux Etats-Unis, où leur musique connaît un succès non démenti depuis dix ans. Avec 2 millions d’albums écoulés sur le marché américain, Daft Punk se classe dans le peleton de tête des exportations de musique française. « Très peu de groupes français peuvent se targuer, comme Daft Punk, de remplir des stades de 18 000 personnes », remarque Cécile Communal, du Bureau Export de la Musique Française. Et si la formation, à ses debuts, surfait sur le concept de la «French touch», elle s’est aujourd’hui totalement fondue dans le paysage de la musique internationale, au point de passer parfois pour un groupe américain.

La French Touch est-elle morte pour autant ? «Non, poursuit Vincent Fournier-Laroque. Le terme est un peu daté aujourd’hui, mais la French touch n’est pas morte, en témoigne le succès de groupes francais comme Justice qui se réclament clairement des Daft Punk. Au contraire, la musique électronique française connaît un renouveau très prometteur

Le concert du 9 août à Keyspan Park affiche complet depuis la mi-juillet, mais vous pouvez toujours essayer de racheter des places sur ebay ou craigslist. New-yorkais fauchés, s’abstenir : les prix atteignent des sommets (jusqu’à $300 dollars par place). C’est la rançon du succès de Daft Punk.