De l’Avion aux avions…

L’Avion sera deux à partir de l’hiver prochain… Explication de texte: la toute jeune compagnie aérienne française, qui exploitait jusqu’alors un seul appareil, va en ajouter un autre “dans le courant de l’hiver 2007-2008”. Un appareil identique au premier (un Boeing 757-200), équipé des mêmes 90 sièges “business”. Le nom, lui, ne change pas.

Marc Rochet, le patron de la compagnie, affirme que les “six premiers mois d’exploitation ont été supérieurs aux prévisions”. En juin, l’Avion a atteint un taux de remplissage “supérieur à 78 %” et fera presque aussi bien en juillet, malgré la période d’été.
Ce taux de remplissage ne permet pas encore d’atteindre l’équilibre, mais déjà la compagnie ne “brûle plus de cash, grâce aux revenus des ventes futures” explique le PDG. Et l’équilibre est pour bientôt. Il était prévu au départ après 18 mois. “On sera en avance d’environ 6 mois sur ce planning” assure Marc Rochet.
Marc Rochet, Directeur général d'Elysair, en compagnie de deux hôtesses.

“Moins cher que l’éco”

Contrairement à certains de ses concurrents américains, notamment Eos, l’Avion se veut résolument low cost et promet une “qualité business class pour 2 ou 3 fois moins cher qu’une compagnie normale”. “Le prix est incontestablement leur atout numéro 1”, note Renaud Granel, agent de voyages à New York, qui compte de nombreuses entreprises françaises parmi ses clients. “Il m’arrive souvent d’avoir des clients qui, à la dernière minute, veulent aller à Paris. Sur Air France, en ce moment, c’est 3 000 dollars en éco plein tarif. Je leur trouve moins cher sur l’Avion, avec un bien meilleur service”.

Ni lit ni caviar sur l’Avion, “les sièges sont un peu moins confortables que les nouveaux de la business-class Air France, note Renaud Granel, qui a pris l’Avion en juin dernier. “Mais le confort est néanmoins très bon, le service est impeccable et l’enregistrement se fait très facilement: il y a seulement 90 passagers au maximum dans l’avion”.

Nouveau tour de table

Comme ses concurrents américains (Eos, Maxjet et Silverjet), qui tous les trois desservent Londres et New York, L’Avion suscite une intense curiosité des investisseurs. Le concept des compagnies “100 % business” nourrit bien des appétits. British Airways et Virgin Atlantic ont tous les deux des plans de vols dédiés à la classe Affaire. La banque Goldman Sachs serait elle aussi intéressée et recherche des opportunités d’investissement, soit dans une des start-ups déjà existantes, soit en créant ex-nihilo une nouvelle compagnie. MaxJet vient de lever le mois dernier 47 millions de Livres. Et l’Avion envisage également un nouveau tour de table. Les actionnaires initiaux, notamment le premier, la financière Saint Honoré, de la famille de Rothschild, ont tous accepté d’augmenter leur investissment. “Des nouveaux vont aussi venir” annonce Marc Rochet.

“Nous n’avons pas besoin de cet argent aujourd’hui, mais il faut l’avoir pour nos développements futurs”, assure Marc Rochet. Car la plupart des ananlystes prévoient une concurrence féroce sur le secteur dans les prochaines annéées, avec 4 compagnies et bientôt 5 ou 6 sur une niche qui pour l’instant reste limitée aux vols New York-Europe. La compagnie française est pour l’instant protégée: elle est la seule sur Paris, tous ses concurrents desservant Londres. “Mais nous ne nous faisons pas d’illusion: il est évident que notre réussite va susciter de la concurrence”. Déjà, Virgin Atlantic étudie la possibilité de lancer ses futurs avions tout-business depuis Paris, dans un délai de 12 à 18 mois.