Dites-le avec un cadenas!

Out les arbres et les bancs pour graver son union, place aux lovelocks ! Ces cadenas d’amour fleurissent depuis quelques années sur les ponts de Paris et d’autres villes européennes. Dans la Ville-Lumière, la tradition a vu le jour en 2008 sur le Pont des Arts et la passerelle Léopold Sédar-Senghor pour ensuite migrer vers le pont de l’Archevêché. On peut également voir ces cadenas romantiques en Italie, en Russie, en Hongrie ou encore en Corée du Nord.

Il n’a pas fallu longtemps pour que la pratique traverse l’Atlantique et se propage sur le pont de Brooklyn. Ils sont discrets et n’attirent pas tout de suite l’attention mais en observant bien, sur des câbles ou sur les gros pilastres du pont qui relie Brooklyn à Manhattan, on peut croiser ces “cadenas d’amour”, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, accrochés par des amoureux de passage qui jettent ensuite la clef dans l’East River, en symbole de leur amour qu’ils espèrent scellé à jamais. Certains sont préalablement gravés d’initiales, d’une inscription, d’une date.

Une attaque contre le patrimoine

Si les amoureux les trouvent romantiques, les grincheux les accusent pour leur part de s’attaquer à la préservation du patrimoine”. Les cadenas accrochés à l’origine sur le pont des Arts ont d’ailleurs été déboulonnés en 2010 sans que l’on sache si la Mairie de Paris était responsable de son démantèlement. A Rome, la municipalité les interdit désormais sur ses monuments et infligent une amende à ceux qui tenteraient encore d’en accrocher. A New York, le phénomène ne semble pas inquiéter outre mesure le New York City Department of Transportation (DOT), l’autorité responsable de l’entretien des ponts de la ville. «Régulièrement, nos ouvriers les enlèvent car ils pourraient représenter une menace pour la stabilité des câbles du pont, cela fait partie de l’entretien général de nos structures», explique un des porte-paroles de la DOT contacté par nos soins, qui avoue ne pas savoir si des amendes sont en vigueur si des amoureux transis se font surprendre en train d’accrocher un de ces “symboles d’amour éternel”. Alors, et vous, pour la Saint Valentin, lovelock or not?