Avec “Django”, “je ne voulais pas raconter une success story”

Infos pratiques

"Django" d'Etienne Colmar

En salles le 15 janvier à New York et dès le 19 janvier à Los Angeles (le 19 à Ahrya Fine Arts et le 22 janvier à Playhouse 7, Royal on, Town Center 5, Claremont 5)

Ne vous attendez pas à visionner un biopic sur Django Reinhardt. “Ca ne m’intéressait pas de raconter une success story ou les traumatismes passés d’un artiste.” Le “Django” d’Etienne Comar, qui sort à New York le lundi 15 janvier et à Los Angeles le vendredi 19 janvier, se focalise sur un épisode de la vie du musicien, entre 1943 et 1945, “une période où tout est compliqué, où la tragédie est en train d’émerger”.

Le pitch : pendant l’occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt (interprété par Reda Kateb) fait vibrer le tout Paris avec sa musique swing alors que ses frères sont pourchassés et massacrés dans le reste de l’Europe. Lorsque la propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il décide de s’évader en Suisse aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk (interprétée par Cécile De France).

Dans son premier film, le réalisateur français (récompensé d’un César pour le scénario «Des Hommes et des Dieux») questionne le rôle des artistes dans les temps difficiles. “J’ai commencé à écrire le scénario pendant la période des attentats, explique-t-il. Quand je discutais avec mes amis artistes, tout le monde se posait la question de savoir si on continuait à faire ce que l’on faisait, ou si on s’engageait en politique. Autant de questions auxquelles Django est confronté.” Etienne Comar compare volontiers les artistes ayant refusé de chanter pour l’investiture de Donald Trump à l’exil de Django suite à l’invitation des Allemands. “Django” offre également une réflexion sur les atrocités qu’ont connu les Tsiganes.

L’amour de la musique imprègne ce long-métrage. “Mon père était un grand amateur de jazz. Et il y a chez Django Reinhardt quelque chose d’intemporel, qui traverse les époques avec vivacité, irrévérence et nostalgie”, décrit Etienne Comar, qui considère le “swing” comme un précurseur du rock. “Dans le film, la musique n’est jamais illustratrice, mais apporte du suspense, des dialogues. Django parlait avec sa guitare.”

Le choix de Reda Kateb s’est imposé pour jouer le rôle du musicien. “Il est capable de se fondre dans le rôle, et a accepté de travailler la guitare pendant un an.” L’acteur français incarne le Django de Jean Cocteau, “un doux fauve” : “je lui répétais de prendre un tempo lent avec une sauvagerie interne”, précise Etienne Comar. Pour composer son script, le réalisateur a rassemblé des témoignages de la famille Reinhardt, faisant appel “à la tradition de culture orale” du petit-fils du musicien et aux données récoltées auprès d’historiens par le co-scénariste Alexis Salatko, auteur du roman Folles de Django. “Mais c’est une fiction, pas un travail d’historien. Le personnage de Louise de Klerk n’a jamais existé”, clarifie Etienne Comar, qui se réjouit que son film ait pourtant été d’“une vérité criante pour la famille de Django Reinhardt”.

Sa musique continue de transcender les frontières. L’artiste a notamment fait “une tournée US qui restera dans les annales” et dispose également d’un festival à son nom à New York. “Son histoire est mêlée aux Etats-Unis. Il a influencé nombre de guitaristes, dont Jimmy Hendrix”, rappelle celui qui le considère comme le “premier héros guitariste de l’histoire de la musique”.

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"Django" d'Etienne Colmar

En salles le 15 janvier à New York et dès le 19 janvier à Los Angeles (le 19 à Ahrya Fine Arts et le 22 janvier à Playhouse 7, Royal on, Town Center 5, Claremont 5)