Donna Karan et Arcade Fire optimistes pour Haïti

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Je vais où?” Donna Karan est à la bourre. Nous sommes jeudi soir, au French Institute Alliance Française (FIAF) et la célèbre designer dévale l’escalier qui mène au Florence Gould Hall, où 400 personnes l’attendent. “Hors de question d’être ailleurs ce soir“, glisse-t-elle.

La designer, dont la fondation Urban Zen soutient le tissu artistique et culturel d’Haïti, est venue participer à Haïti Optimiste, une soirée de gala pour soutenir le Ciné Institute de Jacmel, dans le sud du pays.

Cette école de cinéma, la seule en Haïti, forme chaque année 70 cinéastes. Sévèrement endommagée par le séisme de 2010, elle a été reconstruite, bien aidée par quelques-uns des illustres amis de son fondateur David Belle: Susan Sarandon, Ben Stiller, Sean Penn et George Lucas pour ne citer qu’eux.

Pour cette nouvelle édition d’Haïti Optimiste, une manifestation qui a commencé dans le bar à champagne de TriBeCa le Bubble Lounge, plusieurs têtes connues avaient fait le déplacement. Parmi elles, le réalisateur Jonathan Demme, Michael Kenneth Williams (Boardwalk Empire), Jamie Hector (The Wire) et trois membres du groupe montréalais Arcade Fire. Sans compter plusieurs artistes haïtiens.

Objectif: lever des fonds pour soutenir le développement de l’école, entièrement gratuite. “Les bourses sont l’épine dorsale de l’école. Elles servent à financer les jeunes talents d’Haïti et les aider à aller à l’université“, précise David Belle.

Le public a notamment assisté à la projection d’une série de travaux réalisés par les étudiants sur l’année écoulée: des courts-métrages, un clip de rap, une publicité et le clip interactif d’Arcade Fire, Just a Reflektor, tourné avec les étudiants dans les rues de Jacmel, capitale artistique du pays.

Je suis venu voir les nouveaux films“, confiait Jonathan Demme, juste avant la projection. Le réalisateur, qui se rend règlement en Haïti depuis une trentaine d’années, a enseigné au Ciné Institute. “Ils ont rendu le cinéma possible dans un pays où il n’y avait pas de mécanisme pour apprendre à faire des films.”

Entre rires, hugs, anecdotes et plaidoyers véhéments en faveur d’Haïti, la soirée avait aussi des accents militants: montrer le pays, qui compte parmi les plus pauvres au monde, sous un autre jour. “Haïti a toujours été confronté aux difficultés et c’est tout ce qu’on voit dans les medias, estime Jamie Hector, dont les parents sont Haïtiens. Les étudiants racontent leurs histoires, les vraies histoires d’Haïti.

Haïti a tellement de potentiel et d’opportunités, jugeait Donna Karan juste avant la projection. Haïti fait partie de ma vie. C’est ma maison en dehors de ma maison“.

La plus heureuse de la soirée n’était pas une star: Rose-Laure Charles, une ancienne étudiante du Ciné Institute qui a vécu le séisme, un brin impressionnée jeudi soir par le crépitement des flashes. “C’est très been pour Haïti, raconte-t-elle. Et pour des jeunes comme moi“.

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