DSK piégé et la France envahie par les Chinois

Revoilà DSK et la théorie du complot. C’est un article, écrit par le journaliste Edward Epstein, paru  dans le New York Review of Books le week-end du 26 et 27 novembre, qui relance le débat. Pour lui, c’est sûr :« Dominique Strauss-Kahn était sous surveillance », et en conclut « qu’il a bien eu machination » affirme-t-il sur Europe 1, le samedi 26 novembre.

Si l’article d’Epstein a provoqué un beau pataquès en France, force est de constater que la presse américaine s’y est peu attardée. C’est d’abord le silence qui a prévalu puis, principalement à la suite de l’hyper couverture française, des articles sceptiques. «Le problème avec les théories du complot, c’est que les personnes qui les concoctent, aiment repartir de zéro» affirme Christopher Dickey dans The Daily Beast. Au delà des faits, si complot il y a eu, «Diallo est un choix de séductrice curieux. Son visage est marqué de cicatrices. Et bien qu’elle ne soit pas grosse, elle est cependant d’une certaine carrure». Christopher Dickey n’affirme pas détenir la vérité, mais souligne juste que «nous n’avons pas besoin de conspirateurs pour savoir ce qui s’est passé».

Les Français ont peur des Chinois

Dans le 11ème arrondissement de Paris ou face à un éventuel sauvetage de l’Europe par la Chine, le constat semble le même, souligne le Los Angeles Times: Les Français craignent les Chinois. La journaliste Devorah Lauter fait un parallèle -osé- entre les craintes de riverains face à l’arrivée de commerçants chinois dans la rue Popincourt et le risque de voir Pékin investir massivement en France. L’article alterne réactions de locaux par rapport à la sinisation de la rue et commentaires de responsables politiques sur une possible intervention chinoise dans les finances publiques françaises. Pour la journaliste, il reste pourtant «peu probable de recréer l’expérience de la rue Popincourt à travers la France entière».

Au-delà du débat français, on peut voir dans cet article le reflet des craintes américaines par rapport au nouveau géant d’Orient. La journaliste donne la parole à un expert français, qui souligne que pour les Français et « les imaginations occidentales », la Chine reste méconnue et donc source de suspicions. Le responsable d’une association de jeunes chinois français affirme  pour sa part que la communauté chinoise est vue comme « des extraterrestres ». Comme pour montrer que tout le monde se trompe, elle termine l’article en citant une commerçante qui soutient la présence chinoise dans le quartier, rappelant que celle-ci a dynamisé l’arrondissement.

Inutile, le Quai Branly?

Autre thème «français» dans la presse américaine de la semaine dernière : le Musée du Quai Branly organise une exposition sur l’esclavagisme pratiqué par les colons français. Pour le Washington Post, l’exposition est courageuse car elle revient sur la passé colonial de la France, source des attitudes racistes qui persistent aujourd’hui. Mais pour le New York Times, c’est le musée même, voulu par Jacques Chirac, qui est source d’ambiguïté. En effet, selon le quotidien, l’approche générale du musée est d’exposer l’esthétisme et l’art non occidentaux mais, ce faisant, il «dépouille les objets d’art de leur véritable contexte et revendique la beauté des objets au nom de l’esthétisme occidental». «L’individualité de chaque culture est effacée, l’histoire est à peine remarquée; l’objectif de l’objet n’est que vaguement mentionné… » Selon le New York Times, çela s’explique par le fait que les musées, parisiens notamment, sont des institutions profondément marquées par les idéaux des Lumières, aux origines de la pensée occidentale. «L’Occident durant les Lumières, a par delà les siècles, donné aux autres cultures une compréhension exhaustive ou au moins un examen approfondi. C’est pour cela que l’anthropologie et l’ethnologie sont des disciplines occidentales de même que le musée est une institution occidentale. » Le Quai Branly n’aurait-il donc pas lieu d’être?