Entre désespoir et réconfort à Notre Dame d’Haïti de Miami

L’atmosphère est lourde aux alentours de Notre Dame d’Haïti. Parmi la population se rassemblant là, nombreux sont ceux qui gardaient espoir et qui l’ont perdu durant ces derniers jours. Ce qui a changé, ces jours derniers, c’est le rétablissement progressif de la communication entre l’ île et le reste du monde. S’il n’y a toujours pas de réseau de téléphonie mobile dans la ville de Port-au-Prince, les échanges téléphoniques sont désormais possibles à partir d’une partie de la banlieue et en dehors de la ville. Mais les nouvelles ne sont pas toujours bonnes, et elles sont bien souvent  parcellaires : « ta famille va bien », annonce-t-on à Windsy Forestal. « Mais je n’ai eu personne directement et du coup, je ne suis sûr de rien », lance-t-il.

L’autre versant de l’espoir se situe du côté du « TPS ». Même ceux qui n’ont pas perdu des membres de leur famille se sont précipités à Notre Dame d’Haïti pour avoir des nouvelles sur le sujet. TPS, cela signifie « Temporary Protected Status ». Il s’agit d’un statut qui ne donne pas vraiment droit à l’immigration mais qui peut se renouveler presque indéfiniment. Le TPS a été accordé par les Etats-Unis à des ressortissants de pays dans lesquels il a été admis qu’ils étaient en danger de revenir (pour des raisons politiques ou naturelles). Par exemple, El Salvador, le Honduras, le Nicaragua ou la Somalie. C’est un peu comme notre droit d’asile politique. Ce statut n’a jamais été accorde aux Haïtiens, malgré les catastrophes qui les ont atteint depuis une trentaine d’années. La raison est probablement à trouver dans la proximité entre les côtes haïtiennes et les côtes floridiennes entraînant la crainte d’une immigration massive.

Aux dernières nouvelles, les Etats-Unis pourraient accorder le TPS aux Haïtiens. Mais ils y a des limites. Entre autres : – Les demandeurs doivent prouver qu’ils étaient présents sur le territoire américain avant le 12 décembre dernier. Soit, avant le tremblement de terre. Ce qui signifie que les rapatriés de la catastrophe 2010 n’en bénéficieront pas. – Les demandeurs doivent prouver qu’ils n’ont pas de passé criminel. – Ils doivent également présenter leur demande dans les 180 jours suivant le début de la procédure (mise en place très prochainement). Un problème qui va forcement se poser, dans la mesure où les missions humanitaires ne sont pas en mesure de vérifier les identités ou le statut de tous les Haïtiens qui sont amenés en Floride pour des soins ou de l’aide. Et c’est plutôt bien comme ça.