Espionnage, francophonie et polémiques

La France serait involontairement responsable de la démission du directeur des renseignements américains. En effet, l’amiral Dennis Blair avait entrepris des négociations avec le gouvernement français afin d’obtenir un accord de coopération dans le domaine du renseignement. Selon le New York Times, le « pacte de non-espionnage » aurait mis la France à égalité de confiance avec des alliés de longue date des Etats-Unis comme le Royaume-Uni et l’Australie. Cependant, la France et les Etats-Unis possèdent un passé lourd en espionnage selon le quotidien : côté français, on tenterait de « voler les secrets de l’industrie de la défense et les technologies américaines », et côté américain, la CIA s’intéresse aux liens commerciaux avec des pays comme l’Iran et la Syrie, et sur l’Afrique du Nord dont les groupes de militants ouvriers travaillent en France. Le projet était donc peu au goût de l’administration Obama, qui aurait rapidement mis fin aux négociations, provoquant la colère de Nicolas Sarkozy, qui croyait lui l’accord acquis. Même si, insiste l’article, ce malentendu n’est pas la seule cause du départ de Dennis Blair, il a contribué à le pousser vers la sortie.

Presque oublié par les Cajuns -ou Cadiens- de Louisiane, le français fait depuis quelques années un retour en force grâce notamment, nous raconte le Wall Street Journal cette semaine, à des légions de professeurs venus d’Afrique francophone. « Au départ, il y avait une résistance de certains Cadiens aux éducateurs africains, qui étaient souvent les premiers Noirs à enseigner dans les écoles rurales» explique le quotidien. Pourtant, l’immersion est un franc succès, tant pour les Cadiens que pour les professeurs étrangers, qui obtiennent « des avantages sociaux et un chemin d’accès à la citoyenneté américaine. » En effet, afin de sauver la langue française en Louisiane, un organisme d’État, le Conseil pour le développement du français en Louisiane, ou CODOFIL, se charge du recrutement à l’étranger. Le conseil fait appel à des Français, Canadiens ou Belges, mais les principaux arrivants sont originaires d’Afrique et apportent une nouvelle dimension à l’apprentissage de la langue. En 2000, on comptait seulement 198 000 francophones en Louisiane, soit une baisse de 20% par rapport à 1990. Cette tendance à la baisse devrait se confirmer avec le recensement de cette année. Cependant, grâce à ce programme de diffusion, les Francophiles espèrent une légère hausse pour 2020, lorsque les étudiants d’aujourd’hui deviendront chefs de famille.

L’édition 2010 du Festival de Cannes fut assez décevante selon l’ensemble de la presse américaine. Cette deuxième semaine s’est terminée sur des films politiques, et une cérémonie « sans surprise ». Vendredi, le drame historique de Rachid Bouchareb, Hors-la-loi, faisait polémique, avant même que le film soit projeté. Une polémique inutile, pour un film décevant selon le New York Times : Après Indigènes, « M. Bouchareb continue de maintenir une faiblesse regrettable pour Jamel Debbouze, comique et acteur populaire en France, mais qui ne parvient pas à porter le poids de l’histoire dramatique que son réalisateur a de nouveau placé sur lui. » La cérémonie de dimanche quand à elle fut « une soirée glamour mais avec peu de surprises » pour Vanity Fair. Même la maîtresse de cérémonie, l’actrice franco-britannique Kristin Scott Thomas a été, « comme l’ensemble du programme, plus lisse » que les années prcédentes. « Le Festival de Cannes est une affaire énorme en France », rappelle le magazine, « comparable à ce que les Oscars sont aux États-Unis.”

Comme chaque année, après le clap de fin cannois, les yeux se tournent vers Paris, où le tournoi de Roland Garros commence. Outre la tenue de Venus Williams (USA Today), le dilemme entre extension ou délocalisation fait débat jusque dans la presse américaine. « Le plus petit des quatre tournois du Grand Chelem, doit être élargi pour éviter la perte potentielle de supporters et l’intérêt des joueurs, causés par des installations étroites » explique le New York Times. Parmi les solutions envisagées, celle du Val d’Europe fait rire le quotidien: “Si la Fédération française de tennis déménage son tournoi dans la banlieue parisienne, les joueurs de tennis trouveront-ils Mickey Mouse de l’autre côté du filet? »