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Le débit est ultra-rapide. Le sourire éclatant. Maryline vient de signer sa première relocalisation . « En un mois j’ai réussi à trouver un appartement à New York pour un client parisien. il voulait investir aux Etats-Unis pour des raisons familiales et parce que la parité Euro / Dollar est considérablement avantageuse . Il a fallu aller vite, dénicher le bon quartier . J’ai un très bon broker et un avocat hyper compétent. C’est signé, c’est un vrai soulagement ».

Son idée porte un nom, un peu froid : relocalisation. Relocation en anglais. La définition de Maryline Marquet est beaucoup plus claire : «  je m’adresse à des cadres, à des familles plutôt aisées qui vont s’expatrier de Paris à New York ou l’inverse, pour des motifs professionnels ou personnels. » C’est au moment de cette prise de décision que son agence Ubiquicity intervient. Le but est d’accompagner ces clients dans leur implantation à l’étranger. Trouver le bon plan à New York nécessite de la souplesse. Il faut venir, se loger , taper à la bonne porte en dénichant un broker qui fera les recherches et les visites.
 « La plupart des cadres n’ont pas suffisamment de temps à consacrer à toutes ces recherches parfois compliquées. Ce que je propose c’est un service clef en main. Un véritable service à la personne .»

En ce moment Maryline est en contact avec un couple de français à la recherche d’un emploi et d’un logement à New York. «Une boîte de pub américaine me demande aussi de m’occuper des démarches pour une famille qui risque d’arriver en France» . Pour ces familles, l’aide va jusqu’à leur proposer de visiter les écoles ou de leur faire rencontrer des nounous. Tout dépend de la prestation mais les tarifs varient de 1500 à 3000 dollars pour une relocalisation complète.

L’approche de l’expatriation n’est pas la même chez un Français et un Américain. Aux Etats-Unis ce marché est considéré comme un service: un coup de fil, pas de temps perdu, efficacité maximum et rentabilité… « Le contact avec les cibles françaises n’a rien à voir » explique Maryline. « On sent qu’il y a moins d’argent à dépenser , c’est très net. Et puis la mentalité est différente , les français aiment improviser et se débrouiller. Le système D à la française n’est pas un mythe ».

Cette jeune femme de 28 ans, major de promo de l’EDHEC (2001) habite New York et revient plusieurs fois par mois à Paris en fonction de ses clients. Elle répond aussi à des demandes plus touristiques. Plusieurs familles françaises l’ont contacté via son site internet pour venir en vacances à New York mais en désirant vivre à l’américaine, dans un loft made in NY. Pas à l’hôtel. C’est à elle de dégoter la bonne adresse. Ou les billets pour le match des Rangers au Madison Square Garden. « J’ai aussi des femmes fortunées qui souhaitent se faire accompagner dans leurs shopping. Je leur fourni un ‘personal shopping service’ ». Pour 150 dollars, une tête chercheuse dégotte les bottes montantes en cuir jamais vues à Paris ou la lampe qui rendra folle de jalousie la copine du 16eme.

Accoudée au bar du Coffee Shop de Union Square, Maryline refuse le 5ème café de la journée. Les RDV s’enchainent pour vendre son idée. Elle y croit énormément. Depuis le 18 novembre dernier , date du lancement de sa société, son site internet reçoit en moyenne 150 visites par jours. Pour l’instant l’intérêt se porte surtout sur la relocalisation plutôt que sur les services consos comme la leçon de yoga privée ou le dog walking (promeneur de chien) facturé 15 dollars la promenade.

Sur le site d’Ubiquicity, New York apparait à la tombée de la nuit. Photo électrique , la lumière tombante donne à la ville une teinte pourpre énigmatique. La dominante Chrysler Tower est adossée à une Tour Eiffel toisant les nuages. Un bandeau vert techno flashy résume le concept  : « facilitateur de vie ».

L’histoire personnelle de Maryline n’est pas étrangère à l’aventure d’ Ubiquicity -nom inventé par une de ses copines, contraction de ubiquité et de city. Fille d’ ingénieur, née à Toulon, elle a passé sa vie à déménager : 11 fois en 15 ans. New York, Paris, Bruxelles. Le Moyen Orient. L’Asie à Tokyo. Ses parents habitent aujourd’hui en Chine.
« Je sais ce que signifie changer de vie, de langue, de culture et de repère. Ma plus value est là  : je peux conseiller les autres en sachant ce qu’ils ressentent avant de se lancer dans la grande aventure à l’étranger».