Exception culturelle et ratatouille

Newsweek profite de l’attribution du Prix Nobel de Médecine, partagé entre deux Français et un Allemand, pour dresser un bref état de santé de notre sécurité sociale. Selon les Français eux mêmes, l’état du système n’est guère encourageant, et leurs pronostic n’est guère optimiste. Newsweek pointe alors une contradiction assez frappante. Bien que défaitistes quant à l’avenir de la Sécu, ne croyant pas aux remèdes de Nicolas Sarkozy, seulement 48% (selon un sondage pour le Nouvel Observateur) sont prêts à payer de leur propre poche les traitements pour des maladies légères.
Newsweek mentionne également à propos de ce Prix Nobel la violente polémique qui avait divisé la France et les Etats Unis quant à savoir qui avait découvert le virus du Sida. Encore une fois en citant le Nouvel Obs, le magazine rappelle que, pour l’instant, chaque Nobel français de medécine a dû partager son prix avec un médecin d’une autre nationalité.

Le Washington Post prévient les prochains candidats pour le Nobel de littérature, l’insularité n’est plus à la mode. Petit rappel des faits : le mois dernier Mr. Engdahl le secrétaire perpétuel des prix Nobel a provoqué l’indignation aux Etats Unis, en déclarant les écrivains américains « trop insulaires » et «  trop sensible aux tendances dans leur propres pays » et l’Europe « centre du monde littéraire ». Le choix de JMG Le Clézio semble ainsi naturel. Le Washington Post reprend ainsi les propos de Mr Engadhl « Il [Le Clézio] est un grand écrivain de la diversité ». La littérature américaine est donc devenue inintéressante? Pas du tout répond au Washington Anne-Solange Noble, chez Gallimard qui assure qu’ils continueront à publier des grands écrivains américains, tout en suggérant de peut être participer un peu plus au dialogue littéraire.

Toujours à propos du Nobel, le New York Times, soulignant au passage l’étroite relation en Fance entre culture et politique, reprend les propos du Premier Ministre « cette récompense est une consécration pour toute la littérature française, bien loin de la thèse du prétendu déclin de la culture française ». L’ouvrage est d’ores et déjà en réimpression aux Etats Unis où l’on souligne jusqu’à Columbia University chez Le Clézio  « son ouverture aux autres culture, au Sud, et aux minorités ». Et Toc !

Culture française encore: le Seattle Times octroie trois étoiles à « la Fille Coupée en deux » de Claude Chabrol. Un « traitement à la française » pour un « scandale américain ». En effet, le film relate un drame américain de 1906 transposé dans la France du XXIem siècle. François Berléant est jugé convaincant, Ludivine Sagnier ironique et Benoit Magimel terrifiant. Ce qui permet à Claude Chabrol de donner la preuve finale que ce drame « n’est pas du tout daté ».

Pourquoi la ratatouille est elle absente des étals américains? Premiers élèments de réponse dans le Christian Science Monitor.
 « Si riche et plein de saveurs, qu’elle pourrait presque être servie en dessert », la ratatouille n’en reste pas moins à base d’aubergines « grasses, violettes -noires, et à la saveur de champignons une fois cuites ». Etymologie, historique de la ratatouille, et expansion de la ratatouille dans toute l’Europe font de ce repas simple un « élément de base » dans l’alimentation de nombreux pays.
La polémique à présent. Et là, le débat reste ouvert  : doit-on cuire les légumes ensemble ou séparement?