Français de New York, Québec wants you!

Fin octobre, le téléphone sonne à French Morning. A l’autre bout, la Délégation générale du Québec à New York. Notre interlocuteur souhaite placer une publicité sur le site pour partager avec nos lecteurs la tenue en novembre de deux réunions d’information sur le Québec. La publicité en question est un encart bleu frappé du lys du Québec et de la phrase : «Vous avez une place au Québec».

Une question surgit dans notre esprit : le Québec chercherait-il à piller New York de ses Français ? «On sait qu’il y a un bassin d’expatriés français qui vivent à New York, Washington et Boston. On espère qu’un certain nombre d’entre eux, pour différentes raisons, pourraient être intéressés par le Québec» souligne Lucy Wells, la chargée de mission auprès du Gouvernement du Québec à l’origine de cette offensive de charme.

Fondamentalement, le défi du Québec est de remplacer dans l’esprit des Français d’ici le rêve américain par le rêve québécois. Il y a urgence : le départ à la retraite des baby-boomers québécois et un taux de natalité relativement faible aboutiront à l’horizon 2014 au rétrécissement de la population active de la province canadienne. Sur les 700.000 postes à pourvoir, 15% devront l’être par l’immigration, précise Mme Wells.

A la base de cette croisade pro-Québec lancée il y a un an à New York, Boston et Washington par le ministère québécois de l’Immigration et des Communautés culturelles, il n’y pas ni «focus group» ni «sondage» mais une intuition : «Je postule intuitivement qu’il y a des H-1B chez les Français qui ont les mêmes problèmes que les Indiens et les Chinois. S’ils ne veulent pas rentrer en France, il serait intéressant qu’ils sachent que le Québec est une option. Il y a peut-être aussi des Français ici qui, pour des raisons personnelles et professionnelles, pourraient venir essayer le Québec ».

Lucy Wells compte sur la crise économique et le resserrement des règles d’octroi de visa pour porter son message. Elle dispose aussi d’un argumentaire qui fait mouche – « Emplois à combler », « système bancaire le plus solide au monde », « parmi les taux de criminalité les plus bas au monde » – qu’elle égraine à chaque réunion d’information.

Romain Teyteau et son épouse Marine, deux Français venus participer à l’une de ces réunions, lundi dernier au bureau de la Délégation, visent Montréal : «Economiquement, le Québec se développe. Quand on regarde les chiffres, on se rend compte que le coût de la vie est relativement bas. C’est une fenêtre, une opportunité à saisir» estime-t-il.

Pour Yann Agert, un Français qui habite Washington Heights avec son épouse américaine Jennie, «c’est le meilleur des deux mondes, le meilleur compromis entre l’Europe et les Etats-Unis».

Tout le monde ne pourra pas entrer au Québec. La province cherche avant tout des travailleurs qualifiés voire très qualifiés. Secteurs concernés : les jeux vidéos, l’animation, les métiers de l’ingénierie, l’aérospatiale, la finance et les assurances. Par ailleurs, être Français ne qualifie pas automatiquement les candidats à l’immigration, prévient Lucy Wells, même si la maîtrise du français est un atout de taille. «L’atout majeur des Français aux Etats-Unis, c’est le bilinguisme. Car les Etats-Unis sont le premier marché du Québec. Pour les employeurs, c’est important de disposer de travailleurs qui s’expriment dans les deux langues. »

Prochaine réunion d’information sur le Québec : jeudi 10 novembre a 18h. Délégation générale du Québec à New York, One Rockefeller Plaza – Entrée : 14 West 49th Street, Suite 2600, New York, NY. Pour s’inscrire, cliquer ici