Franck Bondrille: “J’irai jusqu’au bout”

Franck Bondrille voulait être le candidat de l’UMP à la législative en Amérique du Nord. En août 2011, il écrit une première fois au parti majoritaire: «Christine Lagarde est au FMI, on verra plus tard», lui répond-t-on en substance. Il réécrit en septembre. Frédéric Lefebvre, le secrétaire d’Etat aux PME, a les faveurs du parti. Franck Bondrille décide de se lancer en indépendant. «Une candidature locale paraissait plus appropriée», confie-t-il.

M. Bondrille n’est pas un politique de formation. Il est avant tout un homme d’entreprise. Installé en Floride depuis douze ans, ce diplômé de Wichita State University (Kansas) débute sa carrière américaine comme directeur des ventes à l’agence Liberty Voyage. En 2005, il fonde sa propre agence d’organisation de séjours aux Etats-Unis, Contact USA, proposant ses services dans plusieurs grandes villes américaines. Son « réceptif » comme on l’appelle dans le milieu, a notamment organisé l’accueil de 3.500 personnes (2.200 coureurs et leurs accompagnateurs) dans le cadre du marathon de New York en 2007. Il est aussi responsable de l’escale de la compagnie aérienne Corsairfly à Miami.

L’Ajaccien reconnaît lui-même être un “débutant” en politique. En 1999, alors qu’il est à Cannes, il participe à la campagne des européennes avec le Rassemblement pour la France (RPF), le parti de Charles Pasqua et Philippe de Villiers. Au niveau national, le parti souverainiste réalise une percée cette année-là, envoyant 13 députés au Parlement européen, juste devant la liste du RPR emmenée par un certain Nicolas Sarkozy. Dans la foulée, il s’investit dans l’effort de Lionnel Luca, ex-membre du RPR passé au RPF, pour conquérir la mairie de Cannes, avant de s’installer définitivement aux Etats-Unis en 2001. En 2010, installé à Fort Lauderdale, il envisage de se présenter à l’élection des conseillers de l’AFE, l’Assemblée des Français de l’étranger. Une ambition qu’il abandonnera «faute de temps», précise-t-il. Mais pas faute d’idées: « Ces dernières années, j’ai vu les problèmes scolaires, d’assurance, de fiscalité, de retour en France. J’ai vu beaucoup de Français échouer aux Etats-Unis car ils se sont mal préparés, affirme-t-il. Je veux proposer des solutions pour améliorer tout cela, aider tous nos compatriotes. »

Parmi ces solutions, M. Bondrille veut créer un bureau destiné aux candidats au départ de France, et à ceux qui souhaitent retourner au pays. Une mesure mise en avant par plusieurs autres prétendants à la députation. Pour l’heure, il est le seul candidat à droite ne souhaitant pas promettre l’extension de la politique de prise en charge (PEC) aux classes du primaire, dans les établissements français de l’étranger. Cette mesure de gratuité concerne pour l’instant les seuls élèves français de seconde, première et terminale. «C’est irréalisable. Cela coûterait trop cher de le faire», affirme-t-il, plaidant pour «trouver des solutions alternatives» comme «travailler avec les établissements pour baisser les frais de scolarité».

En revanche, il est prêt à mettre la main à la poche pour créer «une prime voyage» de 200 euros par personne et par an pour couvrir une partie des frais de voyage des familles françaises désirant rentrer en France. La nationalité française sera le seul critère retenu pour l’octroi de cette prime, précise Franck Bondrille. « Beaucoup de familles disent : ‘on a quatre enfants, c’est trop cher pour nous de rentrer en France.’ Nous voulons les aider ». La mesure serait intégralement auto-financée par la TVA issue des dépenses de ces familles en France, assure-t-il.

M. Bondrille a déjà tenu deux réunions sur rendez-vous à Los Angeles. Il dit qu’il rentrera dans le vif de la campagne au mois d’avril, avec un déplacement à Las Vegas et San Francisco.  Quand on lui demande s’il compte aller jusqu’au premier tour de l’élection, prévu pour le 2 juin, il lance: “Je veux faire entendre ma voix. J’irai jusqu’au bout.