Isabelle Bellis déride l’Upper East

« M’installer dans ce quartier est une sorte de provocation», s’amuse Isabelle Bellis. Cheveux blonds, visage mutin, large sourire, la trentaine et sans aucune ride, Isabelle est la meilleure égérie de son approche : une approche “holistique” de la beauté qui inclut notamment la nutrition. Isabelle ne se pose pas en fer de lance d’un mouvement anti-chirgurgie pour autant. Quand le mal est fait, sa technique peut aussi accompagner le bistouri. Isabelle pratique par exemple le soin “sculpture” (qui irrigue les muscles et réoxygène la peau), le massage bucal (qui atténue les rides d’expression et remplace les injections), le drainage lymphatique (qui élimine le côté bouffi après une opération). La combinaison des trois soins baptisée “sculpture 3D” est à $250.

Après avoir travaillé pour une entreprise de cosmétiques en France, cette Bretonne originaire de Dinan prend ses cliques et ses claques et s’installe à New York il y a quatre ans. Elle réalise qu’il y un besoin d’éduquer les Américaines à une philosophie plus globale de la beauté.  Elle complète sa formation de nutritionniste par des études auprès de mentors comme Joelle Ciocco,  la gourou parisienne de la beauté (dont elle a l’exclusivité de la ligne de produits aux Etats-Unis), Dr Andrew Weil et se forme à  la médecine ayurvédique. Dernière étape, le diplôme d’une “beauty school” américaine, condition sine qua non pour exercer.

C’est par hasard, en se rendant chez un acuponcteur dans une clinique de Soho, qu’elle trouve un cabinet pour se mettre à son compte il y a trois ans.  “J’ai mis ma petite plaque à l’entrée et c’était parti”, se souvient-elle. Le bouche-à-oreille fonctionne et le carnet de rendez-vous se remplit. Venir s’installer dans l’Upper East marque une nouvelle étape : avoir son propre espace. Chapeau de paille épinglé au mur, beaux livres, Georges Brassens en musique de fond, l’espace lumineux est à l’image de la maîtresse de lieux. Evoquant un récent article paru dans le New York Times sur Hollywood où les visages refaits ne font plus recette, Isabelle se réjouit :  “Les mentalités commencent doucement à changer”.