From Honfleur to New York

250 mètres carrés situés sur Central Park South, «le poumon de Manhattan», à deux pas de la Cinquième et de Madison, la Galerie Elysées New York est la “petite” dernière des Galeries Bartoux, ouverte mi-janvier. Après Honfleur, Saint Paul de Vence, Megève, Courchevel, Paris et Palm Beach, voilà la famille Bartoux à la tête de 11 galeries et d’une PME de 33 personnes au chiffre d’affaires français de 17 millions d’euros.

Robert Bartoux, directeur artistique de l’entreprise familiale aime à dire qu’ils sont des promoteurs des «artistes de notre temps». Les galeries Bartoux travaillent majoritairement avec des artistes français mais également internationaux, peintres et sculpteurs, figuratifs et non-figuratifs, environ 70 au total. À la différence des galeries américaines qui mélangent «un peu tout», Robert Bartoux explique que «comme en cuisine», ils recherchent une certaine «cohésion», un respect des sensibilités. Ils sont des marchants d’art «coup de cœur», leur clientèle est une clientèle «qui a du temps», en villégiature le plus souvent.


Déjà deux ans que Robert Bartoux est à la recherche d’un espace à New York lorsqu’il passe devant le 104 Central Park South. Too late, l’emplacement est loué par une galerie allemande. Comme nombres d’immeubles, la bâtiment appartient au millionnaire Américain Donald Trump. Il s’avère que Robert Bartoux a le bon carnet d’adresse, par l’intermédiaire du bras droit de Trump, l’avocat Michael Cohen, le dossier arrive sur le bureau du magnat de l’immobilier. L’homme n’est pas facile à séduire, mais l’entreprise Française va attirer son attention. Il ne faudra que le temps d’un New York-Paris pour que l’homme d’affaire change d’avis et rompe son engagement auprès des Allemands. Rendez-vous lundi matin. Déterminé, Robert Bartoux reprend l’avion pour New York, ce fut «48h de folie» raconte-t-il fièrement. Chez Trump, «money is monnaie», les conditions de négociation sont drastiques. Bien entourés, les Français qui étaient arrivés «la fleur au fusil» obtiennent dans la journée la lettre de crédit exigée par Trump Corporation. L’affaire est conclue. Le propriétaire des lieux passe de temps à autre saluer ses nouveaux locataires.

À ceux qui soutiennent que la France va mal, que les Français sont inefficaces, Robert Bartoux, un entrepreneur fier d’être français, répond «taratata». S’il ne s’agit pas de faire «cocorico», Robert Bartoux explique qu’il voyage, regarde et que force est de constater que «la France fonctionne, tient la route». D’ailleurs, l’affaire est strictement franco-française, «on est bien entre nous, il y a une sorte de synergie et en plus la “French Touch” plaît». Ironie du sort, le premier client sera un Français.

Cette aventure new-yorkaise est une consécration pour l’entreprise familiale et une reconnaissance pour la vingtaine d’artistes qui sont exposés pour la première fois dans la capitale de l’art contemporain. À l’exception de celles de Dali et Arman, toutes les œuvres exposées ont été spécialement “made for NY”.