Gérard Mortier n’ira pas au NY City Opera

La démission de Gerard Mortier, directeur de l’Opéra de Paris, fait grand bruit à New York. Le Belge s’en va avant même d’avoir pris ses fonction au New York City Opera. Face à son voisin prédominant le MET, au budget colossal de 270 millions de dollars, le NYCO à l’enveloppe de 60 millions, comptait sur l’ancien directeur du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles et du Festival de Saltz pour redonner force et vigueur à l’opéra new-yorkais fondé en 1943 et au déficit de quelque 15 millions de dollars.

Au Monde, Gerard Mortier déclare :  «j’étais prêt à des concessions. Mais le NYCO a quelque 34 millions de dollars de frais fixes. Il ne me resterait donc que 2 millions de dollars pour ne programmer que des reprises pour la saison 2009-2010. Ce n’est pas pour cela que j’ai accepté d’aller à New York». Au New York Times, Gérard Mortier a assuré «qu’il ne pouvait pas diriger une troupe dont le budget était inférieur aux plus petites compagnies française ».

Comme le rappelle le Monde, pas de grande surprise. En effet, en août dernier, Gerard Mortier avait fait acte de candidature à la direction du Festival de Bayreuth en Allemagne avec échec à la clef . Un «signal» adressé au NYCO selon lui.

Joint par French Morning, le NYCO se refuse à tout commentaire et se cantonne à la déclaration officielle faite vendredi. Dans cette déclaration, l’opéra regrette que «le climat de stress économique ne permettra pas de réunir les ressources suffisantes pour accomplir nos objectifs» .

Cité également par l’opéra Gerard Mortier affirme que «le climat économique n’est pas favorable pour mettre en place leurs projets étant donné la baisse significative de leurs revenus» et le Belge d’assurer qu’ « il est déçu de ne pas pouvoir mettre en place les projets qu’ils avaient envisagés ».

Le NYCO se retrouve donc sans patron et sans argent. Les deux nouveaux spectacles qu’il devait présenter, un opéra inspiré de la vie de Walt Disney par Philip Glass et une adaptation du film d’Ang Lee Brokeback Moutain, avaient tous deux été commandés par Gérard Mortier.