Globalement warming

 «Donald Rumsfeld a quitté le Pentagone, Nicolas Sarkozy est arrivé au palais présidentiel de l’Elysée et – voilà – cinq ans de froideur de Washington à l’égard de la France se terminent.» Le Washington Post raconte comment des deux côtés, on rattrape le temps perdu. Un porte-avion américain a fait étape à Cannes, le secrétaire à la Défense, la secrétaire d’Etat et pas moins de quatre juges de la cour suprême sont allés en visite en France. Et le dernier salon du Bourget en juin comptait 27 représentants du Pentagone, contre zéro en 2003.

Question réchauffement franco-américain, le Los Angeles Times met le succès du film Ratatouille dans le même sac que le pique-nique de Bush et Sarkozy. «Soit la nourriture est un facteur clé des relations géopolitiques, soit les américains ont changé d’avis à propos de la France.»

La plupart des journaux américains ont relevé la visite de Bernard Kouchner à Bagdad, interprétée comme annonçant une nouvelle implication de la France en Irak dans un rôle de médiateur. «Vendre l’idée d’un plus grand engagement en Irak aux Français pourrait s’avérer difficile», note Katrin Bennhold dans le New York Times.

Elaine Sciolino du New York Times a lu le livre de Yasmi Reza. Son article comprend la plus longue parenthèse du monde (14 lignes) sur les problèmes de poids «bien documentés» de Nicolas Sarkozy et les efforts de Paris Match pour les gommer en photo.

Dans le Washington Post, le chroniqueur conservateur George Will appelle les conservateurs américains à revenir sur terre à propos du nouveau président français. Sarkozy est «une fontaine de formules suspicieusement opaques» quand il parle d’économie et semble défendre un protectionnisme assumé. Sous le titre «ce que Sarkozy ne changera pas», il rappelle aussi que Ségolène Royal a obtenu la majorité des voix des électeurs dans les tranches d’âge de la population active.

Chicago attend l’extradition par la France d’un homme suspecté d’avoir assassiné un dermatologue pour se venger d’un traitement contre l’acné qui l’aurait rendu impuissant. La France refuse parce que Hans Peterson a aussi la nationalité française. Les sénateurs Dick Durbin et Barack Obama ont adressé une lettre à Bernard Kouchner le priant de changer d’avis, résume le Chicago Tribune. Un chroniqueur du Chicago Herald propose de l’échanger contre Manuel Noriega dont la France souhaite l’extradition.

Jusqu’à présent, explique le New York Times, les programmes de classe bilingue des écoles publiques de New York n’avaient lieu qu’en espagnol ou en chinois, des langues considérées comme des «outils pratiques pour des succès futurs». Des cours se feront aussi en français à partir de la rentrée. De l’avis du groupe de parents derrière cette initiative, il ne fut pas aisé de «convaincre d’autres parents que le français pouvait être utile pour plus que pour regarder des films d’art et essai ou lire une carte des vins».

Le Washington Post a rencontré Julie Delpy à l’occasion de la sortie de son film. Malheureusement, le jour de l’interview, elle est barbouillée après une intoxication alimentaire. Elle commande des carottes à la vapeur. «Zey loaded zis with so much butter zat I am going to zrow up», dit elle en anglais. C’est pas gentil de se moquer des gens qui ont un accent.

Je ne sais pas par quel mystère, ce dessin du New Yorker du 23 juillet avait échappé à cette revue de presse. On voit un couple qui se pomponne pour sortir. «Pas la peine de te laver, dit Monsieur à Madame, on va voir un film français».