Jacques, Anne et “The Artist”

Le New York Times l’appelle “le grand-père” de la nation française mais ne verse pas de larme sur le sort de Jacques Chirac, condamné à deux ans de prison avec sursis pour « détournement de fonds publics » et « d’abus de confiance » durant l’exercice de ses pouvoirs en tant que maire de Paris. Le Washington post, souligne « le caractère historique » du procès qui montre “le changement spectaculare d’attitude du public et des élus envers le financement  politique en France ». “Jusqu’à récemment”, les dessous de table étaient «monnaie courante».  Pourtant, Le New York Times semble clément envers l’homme, «charmant et débonnaire ». La désillusion de l’ancien président n’est pas seulement personnelle, d’après le New York Times, mais elle est également le reflet de la crainte du peuple français que leur nation perde une partie de sa renommée à l’étranger. Pourtant, les Français «lorsqu’il s’agit de certains types d’actes commis par des élus» semblent «pragmatiques et tolérants», relève le Times. Les politiciens jugés coupables de fraudes bénéficiant aux partis politiques, «semblent jouir d’une clémence au près de l’opinion publique française», contrairement à nos voisins Allemands ou anglo-saxons. Alain Juppé en est le parfait exemple. «Après sa condamnation et son retour à la politique, sa réputation s’est inversée de façon spectaculaire », Soulignant qu’il est «même considéré par certains de ses collègues conservateurs comme un candidat plus crédible pour l’élection présidentielle de 2012 que l’impopulaire Monsieur Sarkozy. »

Anne: Femme de l’année

Anne Sinclair. Femme et héroïne nationale de l’année. Un signe de « Comment les femmes sont perçues en France » ? Peut-être, selon the Daily Beast. A 63 ans, l’ex journaliste et femme de Dominique Strauss Khan vient d’être élue femme de l’année via un sondage CSA commandé par le site Terrafemina. Elle est arrivée en tête des voix avec 25% devant Christine Lagarde, Martine Aubry et Carla Bruni. « Aux Etats Unis, quand une femme politique est déshonorée par son mari, elle devient un objet de pitié et de fascination » souligne the Huffington Post. « Figure tragique de l’âge moderne » outre-Atlantique, en France elle est « apparemment une héroïne ». Il faut dire aussi, que Anne se tenait « fermement » près de son homme, lorsque le scandale a éclaté. De plus, Anne a aussi directement sauté dans un avion pour New York, lorsque les premières nouvelles ont éclatés « payé la caution (…) et a loué une maison à $ 50 000 d’un mois à Tribeca”, selon le Daily Beast. Heureusement, grand-père Sinclair était le marchand d’art de Picasso, Braque et Matisse, et son héritage est répandu à environ 200 millions $» ironise le journal. Anne serait une héroïne des temps moderne, qui si elle était américaine, « les producteurs pourraient en faire un drame télévisée à succès sur son sujet ». Mais voilà, Anne « n’inspire pas la pitié » ou ne « semble pas l’inspirer, en tout cas » selon le journal.

“The Artist” à la conquête de l’Amérique

« The Artist » charme la critique américaine et domine les Golden Globes. Avec 6 nominations, le film français est déjà favori aux prestigieux prix américains du cinéma. Depuis un mois, le film «lumineux» selon le journal local de Kansas city, amasse un nombre impressionnant de récompenses et nominations de l’autre côté de l’Atlantique. (Trophée du meilleur film et réalisateur au New York Film Critics Circle, titre du meilleur film de l’année pour le prestigieux hebdomadaire Time, cinq nominations aux Spirit awards, qui récompensent les films indépendants, onze (!) nominations aux Critics choice awards, et dernièrement trois citations aux SAG awards, prix du syndicat des acteurs américains.). Pour le LA Times, rien d’étonnant, car les « fantastiques années 20, sont de retour dans la mode et sur grand écran ». Lorsqu’on en vient à parler de mode, le look des années 20 « est simple, sexy et romantique en même temps » explique Mark Bridges dans le journal, la costumière de « The Artist ». Mais le film en noir et blanc, plait sans doute autant outre atlantique puisqu’il « parle beaucoup plus aux Américains » il rend un « hommage affectueux à Hollywood et à l’époque du cinéma muet », souligne le Seattle Times. Le réalisateur lui-même, Hazanavicius, note une différence marquée de la perception de l’audience sur le film. « L’audience rit plus fort aux Etats Unis ». Dans le Seattle Times, il explique qu’ «il y a une énergie dans le cinéma aux Etats-Unis que nous n’avons pas en Europe». «Je pense qu’ici, il ne s’agit pas seulement d’être drôle. Mais quand le public américain a du plaisir, il rie, il exprime cette joie ouvertement ».