Je sors avec une Américaine et c’est la galère!

« Au secours, je n’en peux plus ! ». Son cri du cœur nous fait rigoler. Olivier ne se prend pas au sérieux même si son dilemme l’est. Architecte à New York depuis sept ans, il a butiné de femme en femme, insouciant et rêveur, jusqu’au jour où il a rencontré Patty, une jeune beauté du Midwest en stage dans sa compagnie. Il s’est défait de ses habits de Don Juan invétéré pour se concentrer sur une histoire qui pourrait aller loin. « Les Portoricaines, les Russes, les Argentines, les Italiennes et les Françaises n’ont plus aucun mystère pour moi. Par contre, les Américaines ont toujours été une énigme et ma petite copine ne déroge pas à la règle ». Où est le problème ? Olivier ne sait plus par quel bout prendre sa relation. Il perd tous ses moyens tant leurs idées de romance, d’amour et de sexe diffèrent. Il est en train de tomber amoureux, pourtant il songe à la quitter.

Son cerveau est en ébullition. Des milliers de questions le submergent et l’empêchent de voir clair. L’embarras qu’il ressent à rechercher l’aide d’un coach pour s’en sortir ne fait rien pour arranger les choses. Je ne le juge pas et lui fait savoir. Je me revois à sa place vingt ans plus tôt, désemparé devant les parties de cache-cache incessantes et la froideur parfois clinique de ces âmes anglo-saxonnes qui immanquablement me brisaient le coeur. J’ai envie de lui crier « moi aussi » ou encore « moi, à ta place », mais je ne suis pas un conseiller. C’est de sa vie dont on parle, et il en est le seul expert. Mon job est de l’accompagner à bon port.

Je lui demande de me parler librement de ce qui ne va pas avec Patty. « Cela fait trois mois que je sors avec elle et je n’arrive toujours pas à comprendre les petits pièges qu’elle me tend. J’ai l’impression constante de marcher sur des oeufs». Par exemple ? «Au lieu d’être ensemble le plus souvent possible, elle égrène un rendez-vous par ci, un rendez-vous par là, tout en se lamentant que j’en veuille trop et trop vite. C’est ridicule. Je vois bien qu’elle aussi est accro. Pourquoi n’arrive t-elle pas à se lâcher ? ». Quoi d’autre ? « Après plusieurs semaines de cour acharnée, j’ai finalement pu l’emmener dans mon lit. Le résultat est catastrophique. Je ne sais jamais qui je vais trouver dans mes bras. Elle peut tout autant me faire rougir que me faire pâlir d’ennui. Ses gestes sont mécaniques, comme si elle récitait une leçon apprise je ne sais où. J’ai l’impression déplaisante d’être dans un cours d’éducation sexuelle ». Olivier ne s’arrête plus. « Le même genre de scénario se reproduit lorsque l’on sort au restaurant ou chez ses amis. Rien n’est naturel, tout est calculé et codé, je dois faire mes preuves à chaque fois ». Et s’il essaye de résumer son désarroi en quelques mots et en une image ? « Je la visualise prendre une douche et se rincer les dents dès que nous avons fini de nous aimer. Ça me tue. Je lui fais l’amour et, comme on dit ici, « she is having sex ». Avoir du sexe, en voilà une expression qui ne donne pas envie ! ».

Que voudrait-il qu’il se passe? « J’aimerais bien qu’elle cesse de me jauger et qu’elle me fasse enfin confiance. L’amour, c’est simple, ça ne dure jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus ». Olivier ne réfléchit que sous un angle, le sien. Je lui demande de changer de place en prenant celle de Patty. « Elle doit me trouver bizarre, obscène, désespéré, maladroit, un goujat même ! ». Il a sur son visage les marques d’un homme qui doute. « Est-ce bien moi ? ». Il a besoin de se retrouver. La solution est juste au bout de son nez, mais il ne peut pas la voir. L’aider à la découvrir est tellement plus fort que la lui offrir sur un plateau. Je l’écoute avec intérêt puis le questionne avec curiosité en espérant appuyer là où ça fait mal, là où il doit faire face à lui-même, sans faux-semblant. Est-ce que son but est réaliste ? Il lève les yeux, finalement. C’est peut-être le moment que j’attendais. « Pas du tout. Nous sommes trop différents. Elle a besoin de ces jeux qui me rendent fous alors que c’est pour la femme que j’aime que je veux éprouver de la folie. Je suis fatigué de jouer un rôle qui ne me ressemble pas, perdu dans des montagnes russes émotionnelles dont je ne veux plus faire partie. Je ne sais plus dans quelle direction aller ».

Olivier n’a aucune intention de partir de New York. Il en a marre de passer d’une fille à l’autre et veut rencontrer quelqu’un avec qui il peut construire une relation durable, et pourquoi pas une famille, plus tard. Il vient de réaliser que son vrai but est de se mettre en couple, sans bagarre et sans changer la nature de son amie, ou la sienne. C’est comme vouloir faire rentrer une pièce de puzzle au mauvais endroit. Ça coince, ça fait des dégâts. Au final, l’image ne sera jamais parfaite.

Son objectif est dorénavant réaliste. Il peut se poser les bonnes questions, c’est tout de même plus facile pour trouver les bonnes réponses. Je l’aide un petit peu. Est-ce que Patty est cette femme que tu recherches ? « Elle pourrait l’être, mais elle ne le sera que dans mes rêves. Ou dans cent ans ! Nous ne sommes pas faits l’un pour l’autre ». Quelles sont ses options ? « Je n’en ai pas beaucoup. Lui mettre une pression du tonnerre et la changer. Mais cela servirait à quoi ? ». En voilà une de moins, quoi d’autre ? « Faire avec. Il n’en est pas question. À bien y réfléchir, sa notion de l’amour est bien loin de la mienne et je ne ferai aucun compromis sur ce sujet ». On avance, on avance. « La seule option que je vois est de m’en séparer…et puis re-contacter cette fille qui venait de Buenos Aires et qui m’avait tant plu. Je la trouvais trop proche de ma culture et je m’en étais éloigné, quelle bêtise. Peut-être m’a t-elle pardonné ? ». Patty continue ses jeux de pistes. Julia et Olivier prennent leur douche à deux.

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