John Rankin, ses monstres et ses déesses

Rankin. Si ce nom vous évoque un film de guerre humide et poussiéreux, alors vous avez tout faux. John Rankin Waddell de son vrai nom, est l’un des plus grands photographes de mode de notre époque. A seulement 45 ans, ce londonien parcourt le monde où il enchaîne les expositions. Et c’est sans compter sur les ouvrages publiés et son implication dans de grandes causes humanitaires.

Ses principales victimes photographiques s’appellent Britney Spears, Kate Moss, Madonna, David Bowie, Björk, Juliette Binoche, Lily Allen, Kevin Spacey… Vous en voulez d’autres ? The Rolling Stones,Vivienne Westwood, Cate Blanchett, Queen Elizabeth II, Tony Blair…Il est aussi l’auteur de campagnes pour quelques grosses enseignes telles que Nike, L’Oreal, Hugo Boss, Levis, Longchamp, H&M, et Coca Cola. Pour le souvenir, c’est lui aussi que Bono (leader du groupe de rock U2) avait entraîné avec lui en 2010 dans la lutte contre le SIDA, afin de sensibiliser l’univers de la mode à la maladie au travers d’une campagne pour Nike « Lace Up Save Lives ».

Figures mi-humaines mi-mythologiques

L’ouverture le 12 octobre de la « Rankin Gallery » sur Melrose Avenue, a attiré les fans de son art à la fois esthétique et dérangeant. Parmi les invités, on pouvait évidemment compter sur l’une de ses muses, la top model Heidi Klum, accompagnée de son époux, le chanteur Seal.

Le travail mis en avant dans cette exposition inaugurale n’a rien à voir avec celui exposé en 2010 à Paris – les admirateurs se souviendront des silhouettes de l’exhibition « Eat Me Naked » où la parfaite Heidi apparaissait nue et dégoulinante de chocolat. Le photographe présente cette fois-ci un univers inhabituel, plus sombre où les modèles sont devenus des personnages mythologiques, où le maquillage archi-travaillé et très proche des effets spéciaux du cinéma vient servir des mises en scènes assez troublantes. Ces figures mi-humaines mi-mythologiques ainsi photographiées, dérangent pour certaines, agacent pour d’autres, mais fascinent à coup sûr. La postproduction numérique vient compléter certains tableaux, et forcent le regard à s’interroger sur la perception de l’image : quelle est la part de réel dans tout ceci ? A vous de juger.

Rankin and Damien Hirst Presen – Myths, Monsters & Legend – Rankin Gallery, 8070 Melrose Avenue Los Angeles – Du 13 octobre au 5 Novembre. Visiter le site de la Rankin Gallery ici