Johnny plutôt que DSK

Peu de choses cette semaine sur l’affaire DSK, si ce n’est ce petit bout d’information relayé par le New York Post selon lequel DSK aurait eu des relations sexuelles avec trois femmes différentes au cours du fameux week-end du 14 Mai. Un détail peu intéressant, mais dont le tabloïd se délecte, relevant ainsi qu’Anne Sinclair « pense que son mari en rut n’utilise que son charme pour attirer les femmes ».

La presse américaine semble vouloir redécouvrir un autre pan de la société française cette semaine. Trois articles différents s’intéressent à trois personnalités “phares” de la société française.

Le New York Times publie un article sur Johnny Hallyday. Le journal précise, en plaisantant, que « son article Wikipédia en Français est plus long que celui de Jésus Christ. » Complètement inconnu aux États-Unis, Johnny Hallyday est présenté dans cet article comme une pierre angulaire de la culture française, « aussi Français que la baguette. » Ce qui intéresse le journal dans cette personnalité, c’est la manière dont Johnny Hallyday, une espèce d’Elvis français selon eux, a popularisé en France la musique américaine tout en demeurant un monument de la culture populaire française.

Si Johnny Hallyday est un symbole fort d’une certaine culture française, d’autres journaux s’intéressent à des personnalités très différentes. Dans le Los Angeles Times, c’est Rachida Dati qui est à l’honneur : un portrait tout à fait surprenant, étant donné son manque de popularité en France. Pour le journal, Rachida Dati est « ce que la France a de plus proche de Barack Obama ». L’ex-Ministre de la Justice est en effet souvent perçue aux États-Unis – et cet article ne fait pas exception – comme un symbole : elle incarne pour les Américains un réussite typiquement américaine, dans un pays qui n’accorde pas assez d’opportunités aux minorités, selon eux. Rachida Dati apparaît comme le mélange accompli de la méritocratie américaine et du « je ne sais quoi » que les Américains attribuent aux Français : « Ajoutez à cela son attitude fougueuse et pleine de suffisance, son ambition dont elle n’a aucunement honte, sans oublier son goût pour des talons à vous donner le vertige et pour les robes Dior et Dati apporte un certain je ne sais quoi à sa version gauloise du rêve Américain »

Le New Yorker, quant à lui, dresse dans son prochain numéro le portrait d’Élisabeth Badinter. Selon un sondage téléphonique conduit par Marianne l’été dernier, Badinter est « la plus influente des intellectuels » du pays. « En France », explique le journal, « les intellectuels ont un statut de star ». L’article montre en quoi Elisabeth Badinter est « vénérée par ses partisans et réprimandée par ses critiques pour les mêmes raisons » et présente et analyse son opposition au mouvement de parité ainsi que ses arguments en faveur de « l’interdiction française du foulard », phénomène tout à fait surprenant pour les américains. L’intellectuelle française apparaît pour le journal comme un cas de féminisme typiquement français, à contre-courant du féminisme américain.

Trois portraits qui montrent que, en dépit de (ou peut-être grâce à ?) l’affaire DSK, la France est pour les Américains un pays dont les coutumes – si différentes – demeurent fascinantes.