Julien Clerc l’Américain

A presque 60 ans (il les aura le 4 octobre), Julien Clerc s’offre une tournée américaine. Un tour de chant « très consensuel » dit-il lui-même, un best of avec « assez peu de chansons d’aujourd’hui ». Femmes je vous aime, Cœur de rocker, La fille aux bas nylons : il n’en manquera pas une. Je n’aime pas assommer les gens avec les chansons nouvelles ; en général, ça fait plaisir aux artistes, pas au public… Quand le public a choisi une chanson, la moindre des choses c’est de lui jouer ! ».

Comme lors de sa première tournée américaine, en 1999, le public sera essentiellement francophone, voire français. A la différence d’un Aznavour, Julien Clerc est totalement inconnu du public américain, mais il revendique sa part de culture musicale américaine. Après tout, c’est la reprise en français de Hair, création de Broadway, qui l’a fait connaître en France en 1969. Mais avant ça, sa culture musicale s’était faite grâce à
Julien Clerc à l'époque de Hair
Gershwin mais surtout aux grands du jazz, « dont on s’échangeait les disques au lycée avec Momo ». Momo, c’est Maurice Vallet, qui deviendra ensuite le premier parolier de Julien Clerc (« Ivanovitch ».

Mais curieusement, tourné vers d’horizons plus latins, Julien Clerc n’a guère fréquenté les Etats-Unis jusqu’à récemment. Cela a changé depuis le début des années 2000, depuis notamment l’album Si j’étais elle, son dix-huitième. Ce disque fit découvrir Carla Bruni en auteur de chansons, mais il a aussi été enregistré à Los Angeles, avec Humberto Gatica, le roi du R&B américain, producteur attitré des vedettes pop de ce côté-ci de l’Atlantique. Il voulait, disait-il à l’époque, « un son américain, rond, commercial comme j’aime, un son Baby Face ».

Steak House et Roi Lion

Cette période américaine se prolonge trois ans plus tard avec Studio, un album fait des reprises des crooners américains. « Je voulais faire ça depuis un moment. Je me suis acheté tous les enregistrements de tous les grands des années 30 à 60, j’ai écouté tout Sinatra, Armstrong et Ella Fitzgerald, mais aussi d’autres comme Diana Krall. Puis il a confié les textes sélectionnés à ses auteurs préférés, qui ont écrit des textes en français sur ces grands standards américains. Mais l’accueil est des plus mitigés. Sûrement le genre de chansons qui « fait plaisir aux artistes, pas au public »… D’ailleurs, pour son spectacle américain, il n’en a sélectionné qu’une seule.

L’étape new-yorkaise de sa tournée va être l’occasion de retrouver une ville qu’il « adore ». « C’est vraiment la capitale du monde, un brassage de peuples, une énergie incroyable ». « Ici, je marche beaucoup et… je mange. C’est l’endroit au monde où on mange le mieux ». Son restaurant préféré : un vieux Steak House, Keens (36th street et 6th avenue- PLAN. Il va aussi en profiter pour faire découvrir la ville à son fils, Barnabé, 10 ans, qu’il va emmener voir Le Roi Lion, sur Broadway. De force : «j’ai envie de le voir, mais lui traîne les pieds. Il s’est découvert depuis six mois une passion pour le rock, les Beattles, les Stones, les Clash et snobe la comédie musicale. Il est devenu un peu psycho-rigide du rock’n’roll»…

A San Francisco : le 12 avril au Herbst Theater.
A New York: au Town Hall Theater le 15 avril.
BILLETERIE