La bataille de la baguette dans le New Hampshire

C’est une histoire banale: un visa non renouvelé, un business qui s’écroule. Mais c’est une histoire qui finit en pleine page dans le New York Times. Grâce au talent de son auteur (Dan Barry se spécialise, chaque lundi dans le Times, dans les “petites histoires” qui racontent l’Amérique), grâce surtout à la persévérance d’une communauté. “A town fights to save an oasis of baguettes” nous raconte donc l’épique bataille d’une ville du New Hampshire pour sauver sa boulangerie. L’histoire est celle de Marc Ounis et Verlaine Daeron, un couple de médecins parisiens qui décidèrent en 2001 de tout plaquer et de venir ouvrir une boulangerie dans ces confins de la Nouvelle Angleterre. Pari réussi: grâce à l’élégance de la boutique, la qualité des croissants et la modestie du couple, les voilà, nous dit Dan Barry, adoptés par cette bourgade rurale.

Seulement voilà, au cours de l’hiver, la boulangère partie en France pour renouveler son visa d’investisseur apprend la nouvelle: renouvellement refusé pour cause de business insuffisant. Le boulanger a lui, depuis son arrivée, pris la nationalité américaine, mais il annonce la nouvelle: faute de boulangère, il va falloir fermer. C’est là où l’histoire devient fable de la démocratie en Amérique. Le bon peuple de Colebrook s’insurge qu’on veuille lui enlever ses baguettes et brioches et, surtout, qu’un bureaucrate d’ambassade ose suggérer que le boulanger faisait un business “marginal”. On pétitionne, on écrit à son sénateur. La fin (et la morale) de l’histoire est ici. Nous préserverons le suspens (mais ça finit bien).

Il y a un Français que la Nouvelle Angleterre et le Boston Globe en particulier renverraient bien chez lui: Charlie Girard, un obsessionnel de la traversée de l’Atlantique à la rame qui, après plusieurs tentatives avortées a, une nouvelle fois, été secouru, quelques jours après avoir quitté Cape Cod. “Coût pour le contribuable américain, s’insurge le quotidien: 80 000 dollars”…

De la brioche aux spiritueux: le San Francisco Business Times nous apprend, que le rosé français est “hot”, même s’il est servi frais: ses ventes ont augmenté de 42 % en un an, alors que le reste du secteur viticole souffre de la crise. De son côté, le Wall Street Journal teste quelques rosés américains et conclue que “les Français continuent de donner le ton en matière de rosés”.

Sans rapport connu avec le rosé, la bourde de l’Elysée, qui a oublié d’inviter la reine d’Angleterre aux célébrations du 65ème anniversaire du débarquement le 6 juin, amuse beaucoup les journalistes américains. Politico raconte comment Obama “essaie d’obtenir une invitation pour la reine”.