La crise, grande inconnue au French Food Connection

L’ambiance est calme en ce matin d’ouverture du Salon French Connection. « On a eu un problème à la douane » confesse Marie Paul Spiess, directrice du projet a Ubi France. «Une partie des échantillons des exposants s’est retrouvée coincée a JFK. Les douanes américaines sont tatillonnes. Une raison sociale changée en France qui n’a pas été déclarée a la FDA », explique-t-elle. C’est donc tout une partie des 22 entreprises de ce salon qui se retrouve sans produits à faire déguster, aux potentiels acheteurs, importateurs et distributeurs, américains. French Food Connection est un salon itinérant, qui ouvre cette année sa troisième édition. Apres New York, les Français s’envoleront pour Boston avant de gagner la Cote Ouest pour la dernière étape du voyage : Seattle. Une journée dans chaque ville, pour des rencontres « B to B »; c’est-à-dire réservée aux professionnels.

L’enjeu est de taille. «Le marché américain est le plus gros marché au monde» glisse un exposant. Et les Français font la course en tête, premiers exportateurs de produits alimentaires européens avec un chiffre d’affaire de 18 milliards de dollars en 2008. « C’est un panel très divers, continue Marie Paul Steiss. L’édition 2009 compte 5 fromagers, dont l’association du French Cheese Club regroupant elle-même 5 fromageries familiales, 4 confiseurs, des condiments, des huiles d’olives… Des entreprises implantées depuis longtemps sur le marché américain ou ou contraire des firmes toutes récentes. » Objectif: «Vendre l’image de la France» avoue sans fausse honte Pascal Duret, fondateur de la confiserie Les Auberges Duret, l’une petites dernières du salon.


Ils sont ainsi plusieurs à tenter l’aventure américaine : « Nous avons une carte à jouer» assure Lionel Sawicki, directeur des Regals du Toucquet. «Nous arrivons avec un produit qui n’existe pas sur le marché américain». Même son de cloche pour Noémie Jamois de Marinades de France, qui s’est donné pour objectif de trouver des distributeurs en passant par la bonne vieille technique du porte à porte.
Dans un contexte de crise, le pari est osé. «Au départ, ca a été un peu difficile de trouver les entreprises. Mais on sent cette année, la volonté de dépasser la crise et les prémisses de la reprise». Malgré des produits axés haut de gamme, les exposants du salon affichent un relatif optimisme: «Nous avons l’opportunité de faire une place à nos produits. Si les grands marques y arrivent pourquoi pas nous ? » affirme Roger Padois de la Société des Eaux Minérales d’Arcachon. «Nous devons nous bagarrer » renchérit Lionel Sawicki. De même, au rayon fromages, « Tout va bien pour nous » affiche tranquillement Clarence Grosdidier, des fromagers Jean d’Alos. Discrètement un exposant ajoute  : « N’empêche qu’ils sont plus regardant sur les prix que la qualité. La première question a laquelle j’ai droit c’est : « C’est quoi ton prix ? » ».

D’autant plus que l’occasion est belle. La menace d’augmenter les tarifs douaniers sur le roquefort (en rétorsion contre l’interdiction en Europe du boeuf aux hormones) a aussi fait de nombreux dégâts chez l’eternel rival transalpin. « Ce sont même eux, les Italiens, qui en ont le plus pâti» pour Marie –Paul Spiess. Les eaux italiennes, dont la très trendy San Pellegrino, ont vu les tarifs douaniers augmenter de 100% tandis que des produits français comme les moutardes et les soupes sont revenus a des tarifs compétitifs.  «Nous avons eu de très bon retours des années précédentes, et face a la demande américaines, on s’adapte » conclut Marie Paul Steiss. Prochaine étape Boston : « En espérant que nous ayons pu récupérer nos échantillons ».