La Croisette sans stars, sans Godard, sans Polanski, mais toujours aussi glamour

C’est une année difficile pour Cannes. Peu de stars sont attendues sur la Croisette, le volcan islandais et la crise économique ont empêché de nombreux journalistes de faire le voyage, et la sélection laisserait à désirer. Au lendemain de la cérémonie d’ouverture, le ton est assez pessimiste pour Voice of America : « Tapis rouge glamour. Films de prestige. Ces éléments sont synonymes avec le Festival de Cannes. Mais tout comme les films ont des critiques, les festivals également. » L’absence remarquée de Ridley Scott lors de la projection d’ouverture n’a pas aidé : « Dans une ville où les cinéastes sont adorés, son absence a été profondément ressentie » commente USA Today.

Concernant la sélection de cette année, les critiques sont également difficiles : il y a « du bon, mais rien de grand » selon The Wrap, une sélection qui «tire le festival vers le bas» selon le Hollywood Reporter qui précise tout de même que venir à Cannes reste «si essentiel» car «il s’agit d’un lieu où l’on fait des découvertes». De fait, au fur et à mesure du déroulement du festival, les critiques semblent se dérider. Dès samedi le New York Times titrait : «Star ou pas, Cannes trouve le glamour» et l’heureux responsable de ce regain d’intérêt est le français Mathieu Amalric avec son film Tournée, un road-movie sur une troupe de strip-teaseuses burlesques américaines rêvant de jouer à Paris. D’autres films comme le Biutiful d’Innaritu où le dernier Mike Leigh, Another Year, semblent avoir réveillé la Croisette. Verdict final dimanche 23 mai, lors de la cérémonie de clôture.

Le retour de Jean-Luc Godard au festival de Cannes, six ans après Notre musique, n’aura pas eu lieu. « Suite à des problèmes de type grec, je ne pourrai être votre obligé à Cannes » a déclaré le réalisateur français afin d’expliquer son absence. En ce qui concerne Film Socialisme, son dernier long métrage, difficile pour la presse américaine de s’en faire une opinion en raison de la mauvaise qualité des sous-titres comme le commente cette journaliste pour le New York Times : « De toute évidence, il faudra beaucoup plus de visionnages de Film Socialisme, une amélioration de mon français et des sous-titres mieux traduit avant que je puisse commencer à obtenir une tentative de compréhension du film. »

Alors que Roman Polanski doit faire face à de nouvelles accusations, le monde du cinéma rassemblé à Cannes n’hésite pas à donner son opinion sur l’affaire. « Bertrand Tavernier, Mathieu Amalric et Jean-Luc Godard – qui ont tous des films au Festival de Cannes – sont parmi ceux qui ont signé une pétition demandant au gouvernement suisse de refuser la demande d’extradition (du réalisateur) vers la Californie » rapporte le site du Los Angeles Times. Pour le journaliste, cette affaire prend une tournure gênante, elle serait un bon moyen pour les cinéastes de se faire une bonne pub : « Ce n’est pas encore arrivé, mais vous pouvez parier qu’au moins une bonne partie des cinéastes – aussi bien ceux qui ont signé la pétition et ceux qui ne l’ont pas fait – seront interrogés sur Polanski pendant la promotion de leur film. Et quand cela arrivera, vous pouvez parier qu’ils seront nombreux à être aussi passionnés par la demande d’annulation de l’extradition que sur le pouvoir du cinéma international. » A noter que si Mickael Douglas le condamne, Woody Allen s’est déjà exprimé en faveur du réalisateur franco-polonais. Une prise de position que le site californien Opposing views commente avec ironie : « Il s’avère que Woody Allen, le gars qui a épousé sa fille ou fille adoptive ou belle-fille ou peu importe ce qu’était Soon Yi quand ils ont commencé à déconner, pense que Roman Polanski est un type formidable. »

A Cannes toujours, Woody Allen a pu également confirmer la présence de Carla Bruni dans son prochain film, mais pour une scène seulement. La première dame de France a également intéressé la presse américaine cette semaine, mais pour des révélations plus intimes, comme le rapporte USA Today. Dans The Promise : President Obama, Year One,  livre qui sort cette semaine aux Etats-Unis, on y apprend que l’épouse du Président Sarkozy aurait confié à Michelle Obama avoir fait patienter un chef d’Etat, la reine d’Angleterre selon certaines rumeurs, pour se laisser aller à une pause coquine. Egalement publiée sur le site du Huffington Post, l’information a fait réagir les lecteurs américains: « Une raison de plus d’aimer les Français ! » commente l’un, « Vive la France » ou encore « Bravo Mr. Sarkozy » et « Vive le Petit Monsieur »… Pour les autres, « Ce ne sont que des Français. Ils n’accordent que peu d’importance aux priorités ». Vive les clichés !