La Dame aux Camélias

Dream your life… Un slogan-axiome que je vois souvent écrit au hasard d’objets abandonnés dans mon quartier par un street artiste engagé qui ne veut pas que nous oubliions nos rêves.

C’est ce message qui m’est venu à l’esprit lors d’un café partagé ce matin avec Nastasia Many, une comédienne qui vient, elle aussi, de donner vie à un rêve trop longtemps caressé. Et ce qui a commencé comme un désir intime et personnel s’est aujourd’hui progressivement transformé en une aventure collective autour d’une équipe d’acteurs belges, français, québécois et Américains, d’un metteur en scène de talent et d’une productrice enthousiaste.

En mal de passion mais avec une âme exaltée, Nastasia Many sentait le feu brûler sous la glace. Après moult hésitations, le désir impérieux l’a emporté : Nastasia Many a entrepris de jouer la Dame aux Camélias en Français à New York.

« La Dame aux Camélias explique Nastasia, est une histoire d’un amour pur qui bouleverse, souffre, fait souffrir et finit en sacrifice. Mais aussi de cet amour qui ressuscite, qui n’a plus de temps à perdre, qui brûle l’inutile sur son passage et permet de renaître de ces cendres. »

Cette blonde voluptueuse est Belge de nationalité, Américaine d’adoption, mais son cœur est dévolu au romanesque.Les deux siècles qui séparent Marguerite de Nastasia s’effacent le temps d’une pièce pour révéler la complicité de femmes qui aiment, une affinité de caractère et une envie de vivre éperdument leur vie sentimentale.

Loin, très loin des explications de textes soporifiques ânonnées sur les bancs de l’école, la Dame aux Camélias, n’a pas pris une ride. C’est l’histoire d’amour brûlante de Marguerite Gauthier, courtisane atteinte de phtisie, pour le jeune Armand Duval. Un roman sublime que les plus grands ont toujours cherché à s’approprier à l’instar de Maria Callas dans la Traviata, Isabelle Adjani au théâtre et enfin Nicole Kidman dans le récent Moulin-Rouge.

Ce projet un peu fou qu’elle a voulu avant tout pour elle, Nastasia le partagera bientôt sur scène avec un public averti. Ne dit-on pas d’ailleurs que  nourrir ses rêves est la meilleure façon de vivre ? Cette pièce est un cadeau à la communauté francophone : La dame aux Camelias n’a jamais été jouée ici.

Le metteur en scène, Gérard Cherqui, s’est aussi épris de Marguerite qu’il trouve intemporelle et lui, habitué aux  pièces contemporaines, a accepté de s’attaquer pour la première fois à une œuvre classique. En 1848,  dit-il, les femmes avaient le choix entre « la religion ou le chocolat ». Mais si les carcans sociaux qui emprisonnaient Marguerite se sont détendus, il est convaincu qu’ils ont été remplacés par d’autre moins visibles mais tout aussi pernicieux. Le pouvoir, l’argent et le statut social, continuent de dominer le terrain de l’amour,  ceux qui regardent chaque semaine la série Gossip Girl ne démentiront pas.

Après tout New York est la ville des rêves. Ceux qui immigrent ici l’ont souvent choisi pour donner vie a leurs idées les plus folles puis déploient des trésors d’énergie à les faire grandir. Et c’est ce désir qui nous lie tous.

Du 14 au 25 Avril 2010-03-24Wednesday-Saturday at 8pm. Sunday at 6:30pm. 
Arclight Theater. 152 West 71st Street. New York,

NY
TICKETS:  http://www.smarttix.com/show.