La dernière tendance

Susan Sarandon ne prétend pas être une bonne joueuse : « Je joue pour m’amuser. Les vrais bons joueurs d’Hollywood sont George Clooney et Jamie Foxx», explique-t-elle à French Morning. Mais elle est certainement une bonne investisseuse. Depuis que Spin a ouvert en Juillet, le club ne désemplit pas. “Les affaires sont excellentes pour le ping pong.  S’il y avait une franchise Spin, j’en ouvrirais une immédiatement», s’amuse le copropriétaire Franck Raharinosy dont la mère est française et le père malgache.
Les fondateurs de Spin ont un ambitieux projets de développement : ils comptent ouvrir un Spin à Los Angeles d’ici six mois et Miami est “dans leur radar”. “J’adore Miami, un super bol d’air de New York. Nous avons organisé un événement avec le magazine Interview; Fred Perry et le Morgans Hotel Group au Mondrian pendant Art Basel et c’était fantastique. Nous pensons à en refaire un l’an prochain.”

L’histoire de Spin commence il y a trois ans. Franck  Raharinosy, originaire d’une petite bourgade à côté de Lyon Saint-Symphorien d’Ozon et un ami Jonathan Bricklin (qui serait le nouveau boyfriend de Susan Sarandon) organisent des soirées hebdomadaires Naked Ping Pong dans un loft à Tribeca. Les célébrités affluent : Owen  Wilson, Salman Rushdie. C’est là qu’ils font la connaissance de Susan Sarandon.“On avait tellement de monde qu’on s’est dit qu’il fallait vraiment qu’on en fasse un business.” Ils dénichent un espace dans le Flatiron District,  le sous-sol du grand magasin Woolworth sur Park Avenue, avec une entrée de métro datant des années 20 et le baptisent Spin (tourner).

A Spin, les gens peuvent jouer au ping pong ($20 la demi-heure), soutenir les sportifs depuis les mini-gradins en sirotant un cocktail, ou encore goûter à la “cuisine de spectateur” préparée par le chef Will. Au menu : pop corn au romarin et lavande, fromage fondu, sandwich de crème glacée au miel et café. “Les gens en ont assez des night clubs, il faut faire des choses différentes“, explique Franck.

Les propriétaires ont converti le gratin new yorkais au ping pong. Il n’est pas rare de voir des célébrités ou des mannequins taper des balles en stilettos. «J’ai commencé à apprendre à jouer à Spin,” explique le designer Chris Benz. “Je suis ami avec Eva, la fille de Susan [Sarandon] qui vient très souvent. Donc j’ai fait beaucoup de progrès.” Spin est aussi une source d’inspiration pour le créateur, non seulement parce qu’à Spin, c’est un défilé de mode perpétuel mais aussi parce que “les professionnels de tennis de table ont des uniformes fantastiques.” De vrais athlètes viennent s’entraîner ici dont le jeune prodige américain Michael Landers.

La semaine dernière, les propriétaires ont organisé une soirée pour l’association Friends of the orphans qui vient en aide aux victimes du tremblement de terre à Haïti. Parmi les lots de la vente aux enchères en ligne, une robe de soirée du créateur Zac Posen (un de leurs ami) ou encore un leçon de cuisine avec la star de Top chef Sam Talbot (un autre ami). Les enchères ont lieu jusqu’au 27 Janvier et ils ont récolté des dizaines de milliers de dollars de promesses de dons.

Mais tout n’est pas rose : les investisseurs majoritaires de Spin (Bill Mack et Iwona Herdzik qui ont investi 1,5 millions de dollars) accusent Franck et Jonathan d’avoir élargi le capital sans leur autorisation et de mal gérér l’affaire. L’affaire est actuellement à la Cour Suprême de Manhattan.  “Cela est en bonne voie de se résoudre. Nous avons déjà gagné au tribunal”, assure Franck. La folie du ping pong ne fait que commencer. “On va spiner partout dans le monde”, lance Franck.

Photos :Erin Kornfeld