La femme française vieillit mieux que le sarkozysme

Cette semaine, comme les précédentes, l’affaire Bettencourt – la « magouille » Bettencourt comme la nomme le New York Times – continue d’intriguer la presse américaine. Voire de l’amuser. Le New York Times revient avec un humour cinglant sur cette saga de l’été, estimant que « les efforts de M. Sarkozy, parfois maladroits, pour contenir le scandale sont similaires à ceux de BP dans le golfe [du Mexique, ndlr] ». La plaisanterie vise juste.

Steven Erlanger a choisi de se pencher dans son article sur le passé trouble de la famille Bettencourt  : « C’est [l’Oréal, ndlr] un champion de l’industrie française mais qui a aussi une histoire politique compliquée, que ce soit avec la droite ou avec la gauche ». Le journal revient donc sur les premières heures de gloire de la dynastie et expose sans ambages ses liens avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale : « Son fondateur [de l’entreprise, ndlr] en 1909, Eugène Schueller, le père de Madame Bettencourt, soutenait les Nazis; le mari de Madame Bettencourt, André, écrivait pour un hebdomadaire antisémite financé par les Nazis dans les premières heures de la guerre ». André retournera sa veste pour rejoindre la résistance et deviendra un proche de François Mitterrand qui le protègera des attaques anti-nazis…
L’article fait ainsi l’historique de la famille Bettencourt et de ses liens complexes avec les arcanes du pouvoir faisant apparaître bien plus qu’une histoire de gros sous. Se dessine en fait, tout au long de l’article, une tranche de l’histoire française, du début du XXème siècle à aujourd’hui. Erlanger conclut en citant malicieusement Arthur Goldhammer, un historien de la politique française au centre d’études européennes d’Harvard : “Cette saga est la version française du Roi Lear : un enfant ingrat qui attaque un parent défaillant et un régime chancelant »

La semaine dernière, l’autre grand sujet de préoccupation en France était le 14 juillet. Fox News a préféré parler du jour qui précédait l’anniversaire de la prise de la Bastille : le 13 juillet, où les mouvements féministes célébraient les valeurs de “la liberté, l’égalité, la sororité ». L’interdiction du voile décidée par le gouvernement est analysée par Phyllis Chesler (professeur des universités) dans son édito comme le signe que « une fois encore la France est leader dans la lutte pour la liberté des femmes et les droits de l’homme ».
Il s’interroge ainsi sur la pertinence d’un refus d’interdire le voile dans certains pays occidentaux : « Pourquoi les pays occidentaux respecteraient la subordination des femmes en tant que sous-hommes et protègerait [le voile,ndlr] comme un droit « religieux » ? Une fois que l’on a compris que le voile n’est pas un commandement religieux mais plutôt une affirmation politique ou religieuse – au mieux une coutume ethnique – pourquoi notre propre tradition de tolérance religieuse nous enjoindrait à faire ainsi ? “.
L’angle pris pour cet editorial est à mettre en regard d’un autre editorial publié dans le New York Times. Martha Nussbaum (professeur de droit, philosophie) estime dans ce dernier qu’au même titre que le voile est un signe de la suprématie masculine : « Les magazines porno, les photos de nus, les jeans moulants – tous ces produits, sans doute, traitent les femmes comme des objets, comme le font tant d’aspect de notre culture des médias de masse ». Un argument que réfute Chesler estimant que le voile rend la femme « socialement invisible » et peut être assimilé à de la « torture ».

Et pour rester chez le beau sexe cette semaine, Ann M. Morrison correspondante à Paris pour le New York Times estime dans un article que les Françaises vieillissent mieux que les Américaines… Tiens donc, les femmes de l’Hexagone auraient-elles trouvé le secret de l’élixir de jouvence ? Il s’agirait plutôt d’une question d’attitude : les Françaises avec l’âge « n’oublient jamais leur sens du style », et la journaliste de prendre en exemple notre icône nationale Catherine Deneuve mais aussi Juliette Binoche ou encore Ségolène Royal.
Flattées? Peut-être, sauf qu’on ne vous en voudra pas si vous avez  quelques difficultés à vous retrouver dans la “femme moyenne française” vue par le NYT: elle fait forcément son shopping « rue du Faubourg Saint-Honoré» et pour laquelle “contrôler son image est aussi naturel que nouer parfaitement un foulard ou porter des stilettos sur des rues pavées ». Thalassothérapie, massages, onguents en tout genre, visite chez le coiffeur toutes les deux semaines: puisqu’on vous dit que c’est ainsi que vivent les Françaises…