La France entre crise, racisme et copinage médiatico-politique

L’économie française en danger… Depuis plusieurs mois, les articles effrayants sur le délabrement financier de l’Hexagone sont devenus monnaie courante dans la presse américaine. Mais cette semaine, le Wall Street Journal semble annoncer une réelle banqueroute de notre économie. Le début de l’article sonne le glas: “Au début il y a eu Athènes. Puis Rome. Paris pourrait-elle être la prochaine?“.

Les journalistes Nelson D. Schwartz et Liz Alderman expliquent notre périlleuse situation économique par les liens franco-italiens: l’Italie a de grandes chances d’emporter la France dans sa chute. En effet, “les banques françaises possèdent de nombreuses parts de la dette italienne”, écrit la journaliste. Le Wall Street Journal ajoute que “la somme que possède l’Italie -à peine moins de deux trillions- ridiculise les 350 milliards d’euros de la dette grecque”. A noter: un trillion américain représente un million de millions. Heureusement, le Wall Street Journal nous rassure quelque peu en affirmant que l’économie française se porte beaucoup mieux que l’italienne. Mais comme le gouvernement français le reconnaît lui-même, “le risque de la contagion est toujours là”.

La crise française pourrait être également politique: c’est en tout cas l’opinion du journal The Atlantic. D’après la journaliste Heather Horn, la manière dont Nicolas Sarkozy réussira à maîtriser la crise en France déterminera s’il restera ou non au pouvoir en 2012. La journaliste titre ainsi: “En France, la crise de l’euro pourrait causer la fin d’une ère politique”. La journaliste rappelle que la semaine dernière, François Fillon a annoncé de nombreuses mesures d’austérité, mesures qui risquent de diminuer encore la popularité de Nicolas Sarkozy. Heather Horn conclut que si la popularité de Sarkozy diminue, son opposant socialiste François Hollande pourrait se sentir soulagé. Mais elle ajoute: “ C’est un piège, car il est très difficile de se présenter comme socialiste pendant une crise économique”. La crise de la dette pourrait donc n’avantager aucun parti…

La France et ses étudiants étrangers

Cette semaine, le Département d’Etat américain a annoncé que le nombre d’étudiants étrangers aux Etats-Unis a atteint un niveau record en 2010-2011, à 732 700 personnes. Face à ce chiffre, qui témoigne de la tradition d’accueil des établissements scolaires américains et de leur souci de capter les cerveaux internationaux, la France parait faire fausse route aux yeux du New York Times. Le quotidien titre “La France renvoie tous les diplômés nord-africains chez eux” un article de la journaliste Aida Alami consacré à la  circulaire envoyée le 31 mai par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant. Pour elle, il est devenu impossible pour les étrangers qui ont fait leurs études en France de travailler dans ce pays. “Ils parlent français comme leur langue maternelle, parsèment leurs conversations de café de Sartre et Camus et ont fait leurs études dans les écoles les plus élitistes de ce pays“, écrit la journaliste. Pour la journaliste, cela ne nuit pas qu’aux jeunes diplômés, mais également à la France dans son ensemble, qui se prive d’une main d’oeuvre productive et hautement qualifiée.

Quand Fox News donne des leçons d’éthique journalistique

Autre domaine où la France pourrait s’inspirer des Etats-Unis : l’éthique journalistique. Fox News s’étonne du “manque de couverture par les médias français de la gaffe Sarkozy-Obama au G20». Ce manque « soulève des questions éthiques » selon la chaine. Comme l’explique le journaliste Perry Chiaramonte, de nombreux journalistes français ont entendu les échanges peu flatteurs entre Sarkozy et Obama à propos du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. “Les journalistes ont décidé de ne pas en parler, s’appuyant sur une pratique journalistique française d’après laquelle de tels commentaires sont privés- une énorme différence avec l’éthique des médias américains“. Lors de l’affaire DSK, les journalistes français s’étaient déjà fait remonter les bretelles par leurs confrères américains, médusés par le silence de la classe médiatique française autour des mœurs sexuelles des hommes politiques. La gaffe de Cannes n’arrangera pas les choses.