La France, entre l’Irak, l’Afghanistan et la Grèce

C’est surtout le message de Ben Laden à l’attention de la France qui a fait les choux gras des médias américains. Dans un enregistrement diffusé la semaine dernière sur la chaîne Al-Jazira, le chef d’Al-Qaïda s’est adressé pour la première fois directement à la France et a notamment visé la loi sur l’interdiction du voile intégral votée définitivement en septembre dernier et qui prendra effet au printemps prochain, souligne CNN. La chaine d’information précise qu’il n’est pour l’instant pas prévu de relever au seuil maximum le niveau d’alerte Vigipirate, déjà rouge, même si la menace a été “authentifiée” par les spécialistes et a accru la « vigilance » des autorités, ajoute Business Week. S’il prétend que cela «n’a absolument aucun lien» avec la déclaration de Ben Laden, qui dénonce aussi la présence des troupes françaises en Afghanistan, le Ministre de la Défense Herve Morin a dans la foulée annoncé un retrait dès 2011 d’une partie des quelques 3,750 soldats sur place. Mais il ne fait que suivre le calendrier de l’OTAN et des alliés, rapporte CNN dans un autre article. Même après l’enlèvement il y a un mois et demi de cinq Français au Niger revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), les autorités françaises ont affirmé leur volonté de ne pas céder face à la pression: Sarkozy, qui a déclaré refuser de se faire “dicter” la politique à suivre par qui que ce soit, d’autant plus par des terroristes, ne semble pas prêt à renoncer à sa loi sur la Burqa, relate le Washington Post.

Décidément, le président français est menacé de toutes parts… Cette fois-ci, il est la cible de la Grèce. Dans un article en ligne, Bloomberg rapporte l’arrestation lundi de deux hommes par la police grecque après l’explosion d’un colis piégé à Athènes. « Deux colis suspects » ont été interceptés, dont un qui aurait été destiné à Nicolas Sarkozy, mais qui selon la police, n’aurait eu aucune chance d’arriver à destination. Selon Reuters, cet évènement n’a cependant aucun rapport avec Al-Qaïda, et serait le fait de groupuscules d’extrême-gauche grecs.

La réouverture de la ligne aérienne Paris-Bagdad a aussi attiré l’attention des journalistes américains. Dimanche, un avion d’une compagnie française a atterri à l’aéroport international de Bagdad, relate le Wall Street Journal. Il s’agit d’un des premiers avions à relier la « capitale irakienne directement depuis l’Europe Occidentale » depuis la première Guerre du Golf. Pour le quotidien, ce vol, qui, comme le rappelle Voice of America comprenait en majorité des journalistes et des diplomates français, apparaît hautement symbolique puisqu’il initie une potentielle route aérienne et annonce peut-être une coopération économique renforcée. Aigle Azur, la compagnie qui a affrété l’avion, s’est lancée le défi d’assurer dès 2011 deux vols directs Paris-Bagdad par semaine, précise Business Week. Pour la première fois depuis presque 20 ans, souligne USA Today, les voyageurs pourront donc rejoindre directement Bagdad depuis Paris, et ce en seulement cinq heures… Une initiative qui permettrait de désenclaver un pays encore entre guerre civile et essor économique.