La France qui admire

Election historique ou pas, la presse américaine a tout de même eu un peu de temps et d’espace à consacrer à la France, à condition qu’elle parle d’Obama bien-sûr. «La France est ravie par Obama» titre le Huffington Post. Le site d’informations revient sur l’engouement déclenché par cette élection historique au pays des Gaulois : débats, émissions, gros titres dans la presse, sondages quelque peu paradoxaux aussi (85% des Français soutiennent Obama mais 37% ne voudraient pas voir un Président noir à la tête de la France). Le manque d’élite noire en France est frappante pour le Huffington, pour qui la France «postcoloniale est encore lourde du racisme et a encore un long chemin à parcourir». Au delà du symbole, il s’étend sur la joie d’être à nouveau attiré par les Etats Unis, exited about being exited» dans le texte:  “On aime votre pays». «J’ai envie de décerner le Prix Nobel de la Paix à tous les citoyens américains ».

Parce que les Français aussi veulent le meilleur pour l’Amérique. Pour Le Huffington Post en version online, une journaliste a passé elle aussi la soirée electorale à parcourir la capitale, dans des restaurants américains et les soirées de support à Obama. Détail frappant? «Partout où nous allions, nous voyions plus de Français que d’Américains». Et apparement à Paris comme à New York, le supporter républicain était denrée rare en ce mardi 4 novembre.

Au moment du résultat : «joie, espoir et une affection retrouvée pour les valeurs américaines, disparue ou tout du moins cachée pendant les années Bush » sur Newsweek. Un enthousiasme même sur le chemin du travail (à Paris vous êtes sûrs ? ) qui souffre cependant d’une légère réserve « toute gauloise»: « […]Cela peut aussi provoquer des tensions et tout le monde doit avancer ensemble». Et Newsweek de citer le communiqué de Rama Yade, secrétaire d’Etat au Droits de l’Homme, «ce matin, nous avons tous envie d’être américains ».

Le Wall Street Journal nous invite donc à réfléchir sur notre rapport avec les minorités. Intention certes louable, mais émaillée d’une légère bourde : «seulement un député de l’Assemblée Nationale est noir». Vrai et Faux. Certes on ne compte qu’un(e) député(e) de France Métropolitaine noir(e), c’est Mme George Pau-Langevin députée socialiste de la 21 em circonscription de Paris. Mais dix députés de l’Assemblée Nationale sont issus des minorités en comptant la France d’Outre-Mer.

La France est pressée de revoir sa copie dans le New York Times. Devant l’enthousiasme débordant des dirigeants français à endiguer la crise financière, certains parmis les dirigeants européens freinent des quatres fers : « trop de régulation ou trop de responsabilités données à l’Europe plutôt qu’aux pays. » Les allemands le réaffirment : « Nous n’avons pas besoin d’un gouvernement économique européen ».

Sans transition, le TIME nous amène à la découverte du « natural winemaking » ou le vin issue de l’agriculture biologique comme on dirait chez nous. Le principe étant de traiter que ce soit le sol, la vigne ou le raisin qu’avec des produits naturels. Même principe pour la vinification . A travers l’exploitation des Bretons dans la région tourangèlle, le TIME en profite pour un état de la situation viticole en France où partisans du vin bio et utilsateurs de sulfates se livrent une guerre sans merci, jusque dans les colonnes du Monde. En tout cas, une « niche est en train de naître », un  « marché se crée ». Affaire à suivre donc.

Et pour finir, le portrait dans le Los Angeles Times de Bouton Man. Parce que les Français aussi ont droit à leur super héros. Eric Hebert dans le civil accumule donc des boutons «plus que quiconque dans le pays où pourtant on adore accumuler les choses ». A la question de combien de bouton dans sa collection Eric réponds  « à la française quand il n’y a pas de réponse : en fermant les yeux et en soufflant l’air à travers ses lèvres ». Le marché aux puces, sport national, est l’exemple de l’appétit d’histoire des Français, appétit pour le « patrimone » (en français dans le texte). Petit reproche du journaliste américain, les vendeurs ne se tuent pas à la tâche pendant les heures chaudes de l’après midi ou même pendant la pause déjeuner. Pique-nique oblige, au lieu de lui faire l’article, il voit donc les chalands déballer leurs pains, leurs fromages et devinez quoi… leur vin rouge.