La French connection

À peine une semaine après les Oscars, une interview embarrassante de Marion Cotillard à Paris Première refait surface et menace sa carrière naissante aux Etats-unis. «Elle nous a conquis avec sa beauté et ses talents d’actrice» affirme la journaliste de Page Six. Mais avec ses commentaires sur le 11 septembre et les premiers pas sur la lune, «notre opinion est sur le point de changer».

Au Los Angeles Times, les avis sont partagés. Elisabeth Snead s’interroge, «Marion a-t-elle vraiment ruiné sa carrière Hollywoodienne?». La journaliste relativise et poursuit, «notre pays est fondé sur la liberté d’expression» et Hollywood «is a big supporter of free speech». On a même récompensé Michael Moore d’un Oscar pour s’être exprimé, commente-elle. De plus, «à Hollywood, on aime les théories de la conspiration». Selon la journaliste, «Marion will fit in just fine in Hollywood». Pour Tom O’Neil qui lui s’amuse des délires de la Française, «penser qu’Uncle Sam a pu monter la mission Apollo 11 de toutes pièces est inconcevable.» D’ailleurs, ironique, le journaliste rappelle que l’actrice qui a «interprété sa victoire aux Oscars comme une preuve de la présence d’anges à Los Angeles» est connue pour «croire au surnaturel».

Comme le souligne le Chicago Sun Times, l’actrice qui doit commencer le tournage de “Public Enemies” avec Johny Depp la semaine prochaine à Chicago devra s’expliquer. Les commentaires des lecteurs sur les dérapages de l’actrice vont bon train: «comment dis-tu “moron” en français?»

Encore des problèmes de traduction…

Les linguistes peuvent bien argumenter sur la traduction anglaise exacte de “pauvre con”, «Daniel Bouton, directeur de la Société Générale et Sarkozy ont beaucoup en commun» affirme le magazine Forbes. Ce sont deux «leader assiégés» qui défendent à leur manière l’économie libérale. À l’inverse du président, malgré de violentes critiques Bouton a réussi à conserver l’appui de ses collègues; «On dirait qu’il ferait un bon président», Sarkozy serait-il jaloux? s’interroge le journal.

De son côté, Time Magazine conseille aux Français de ne pas trop agacer le président.
«Comment dit-on en français “be careful what you wish for”?». Réponse du magazine américain, «Demandez aux 19 millions d’électeurs qui ont soutenu un candidat présidentiel “franc-parleur” et “populiste” au printemps dernier». Sa «flashy private life» et sa prédisposition au «talking trash» sont considérées comme incompatibles avec la fonction, et explique en partie la chute de sa côte de popularité. Les insultes utilisées par le président français sont d’ordinaire «réserves aux vestiaires ou à la cour de récrée», mais apparemment, «Sarkozy isn’t getting the message».

Alors que Fillon a été décrit comme «un coincé, besogneux et ennuyeux» pendant les 6 premiers mois de la présidence Sarkozy, celui-ci bénéficie aujourd’hui d’une réputation de «solide et assidu exécutant» tentant d’éviter les projecteurs braqués sur le président. Le Time conclue que Sarkozy ferait peut-être bien de tirer une leçon de tout cela.

Le même magazine revient sur la question épineuse du pouvoir d’achat et titre «Let Them Eat Cake? Who Can Afford Cake?». L’inflation frappe les Français, «peuple d’épicuriens», où cela fait le plus mal, à savoir dans l’assiette.

Un autre sujet fait débat en France, au plus grand bonheur du Christian Post: y-a-t-il un décalage entre sa rhétorique et son style de vie? L’éditorialiste du quotidien chrétien confie qu’il aimerait que la pratique religieuse de Sarkozy soit moins «épisodique» mais se dit tout de même satisfait de voir Sarkozy soulever la question de la religion,«tabou majeur» de la vie politique française. «Le message de Sarkozy est le bienvenu, aussi improbable le messager soit-il» conclue-t-il.

Enfin, un titre évocateur pour le magazine Newsweek: «South Korea’s Sarkozy». À l’instar de son homologue français, le nouveau président sud-coréen Lee Myung-bak serait un pragmatique allié de Washington. Il est cependant douteux que la Corée du Sud soit prête pour un «Sarkozy-style» président.
Tant que notre hyper président n’est pas comparé à son homologue de Pyongyang…