La French Touch au pays des navettes spatiales

Nous sommes en 2001. La Française, décoratrice d’intérieur, s’occupe de relooker l’hôtel Sheraton de Marrakech. Au même endroit sejourne Bill, un ingénieur américain de la NASA, en charge des atterrissages d’urgence de la navette spatiale. On se croise, on fait connaissance, “on devient copains”, dit Lydie, mais ce n’est pas le coup de foudre: on se quitte d’une bise sur la joue, non sans avoir échangé adresses electroniques et numéros de téléphone. Pendant six mois, la Française et le Yankee vont continuer à échanger sur le Net. Et puis Bill propose de venir faire un petit tour en France…. Et ce qui devait arriver arriva! Pendant deux ans, les deux tourteraux vont se retrouver, tous les deux mois, soit en France, soit en Floride.

Bill a demandé Lydie en mariage, mais elle ne se sent pas prête. Il lui faut du temps, elle hésite à abandonner sa fille en France, son petit-fils, sa maman, ses amis, son métier et sa maison sur la côte d’Azur… Un an se passe sans que Bill, très discret, ne réitère sa demande, et c’est Lydie qui lui annoncera qu’enfin elle consent.

Le 31 decembre 2003, elle débarque en Floride, munie de son visa de fiancée, et elle ne perd pas son temps: le lendemain, le 1er janvier 2004, elle crée sa societé de décoration, dont Bill sera le président, son statut d’étrangère ne lui permettant pas d’occuper cette fontion. Elle ouvre une première boutique de 80 mètres carrés à Cocoa Village. La “french touch” va vite avoir du succès: plusieurs magazines specialisés lui consacrent des articles, le bouche à oreille fait le reste… Très vite elle va se sentir à l’étroit, et s’installe dans un nouveau magasin, plus vaste, dont elle va doubler la surface. Aujourd’hui, sur 200 mètres carrés à l’enseigne de “Something Different” elle propose toutes sortes d’objets de décoration, des voilages, des parures de lit, qu’elle se fait livrer de France. Elle s’est enfin mariée en août 2004, elle a embauché deux salariées à temps partiel, et elle regarde son chiffre d’affaires progresser de mois en mois: pour les dernières fêtes de fin d’année, elle a dû renouveller trois fois sa collection! “J’avais investi 10.000 dollars quand j’ai commence en 2003 avoue-t-elle, et aujourdhui j’evalue mon stock à 4 ou 500.000…” La recette du succès? “Le savoir faire, l’energie et le management”.

De tout cela, elle ne manque vraiment pas. Exemple: un fournisseur français à qui elle avait commandé toutes sortes de voilages et de rideaux vient de déposer le bilan. N’importe: elle ira elle-même choisir ses tissus en Inde et fera confectionner les rideaux en Floride… En attendant de créer sous peu une boutique en ligne pour toucher l’ensemble des Etats-Unis… Vous avez dit énergie?

Mais si vous demandez aujourd’hui à Lydie si elle pense revenir en France un jour, la reponse est nette, tranchée: “Jamais!”. Il y a de vieilles blessures qui ne guérissent pas…