La mode enfantine qui pétille

A priori, elles n’ont pas grand-chose en commun. Vanessa, New Yorkaise depuis 8 ans, vient de la finance. Florence du monde de la mode. Correspondante en Italie pour le magasine Milk, elle s’est installée à New York il y a trois ans.
Nous nous sommes rencontrées lorsqu’on travaillait chez Catherine Malandrino à Manhattan. Nous nous sommes plu car nous avions toutes les deux le souci des choses bien faites” se souvient Florence.
Il y a un an ces deux jeunes femmes lançaient la première édition du salon Bubble, sur lequel elles travaillaient depuis septembre 2005. “Je me suis aperçue que New York comptait très peu de boutiques de mode pour enfants ” se rapelle Florence. “Avec 25% de naissances en plus rien qu’à Manhattan, on a pensé qu’il y avait un marché à prendre“. Cette idée, les conceptrices la doivent aussi à leur expérience de la maternité “nous avons concrétisé ce projet lorsque nous sommes tombées enceinte, nous avions envie de créer quelque chose pour nous qui soit haut de gamme mais pas forcément cher “.
Le projet semblait délicat, d’autant que New York possède déjà avec le

Children Club un grand salon dédié aux enfants. Florence et Vanessa ont su tirer leur épingle du jeu en mettant à profit les faiblesses de Children Club : « Les marques américaines et les detaillants se plaignaient de ce salon trop grand et trop impersonnel. Nous avons voulu jouer la carte du complément en créant un salon à taille humaine comme ceux de Paris où de Florence” explique la conceptrice.

Caverne d’Ali Baba

L’idée, c’était de faire un salon 360 degré” souligne Florence. “Nous avons voulu sélectionner les marques, les mettre dans un écrin de qualité et segmenter les produits pour qu’ils soient tous compatibles entre eux” explique t-elle. Ainsi, Bubble ressemble à une caverne d’Ali Baba pour enfants, où vétements cotoient jouets, jeux et crèmes de soin. Le principe est simple résume Florence “en achetant un vêtement, les parents doivent pouvoir se procurer en même temps une commode design dans laquelle le ranger et un jouet à mettre dessus“. Le salon a aussi la particularité d’ouvrir son espace aux artistes par des expositions de photographies de mode. “Nous avons aussi la volonté d’accueillir des marques qui tiennent compte de l’environnement car c’est une réelle préoccation des parents” explique Florence.
Et cela plaît. Entre 80 et 100 exposants font le déplacement selon les saisons. 70 pour cent d’entre eux viennent des Etats-Unis, les autres du reste du monde. En tout, 9 pays sont representés. Quant aux visiteurs, ils étaient 1200 à franchir les portes du salon l’année dernière. Si la plupart sont originaire de la Côte Est, 10 pour cent viennent d’Europe et du Canada.

Un succès qui s’exporte

Les premières éditions ont donc rempli tous les objectifs des organisatrices: ” Nous avons eu de très bonnes réponses, il y a une bonne ambiance,

les détaillants parlent entre eux et échangent des infos, c’est très satisfaisant
“. Ce succès, Florence l’attribue malicieusement à sa bonne étoile :” les innocents et les néophites trouvent plus vite la voie que les autres “. Pourtant elle connaît trop bien les ficelles du métier pour prendre un tel projet à la légère, “il fallait que trois élèments soient réunis : le support, les marques et la presse. Ce fut le cas et ça a marché” explique t-elle.
Le succès de Bubble fait des envieux. Le salon pourrait s’exporter d’ici peu hors des frontières américaines. “Nous ne voulons pas augmenter la taille du salon donc notre développement passe par la recherche de nouveaux sites” estime Florence. “Nous avons étudié la possibilité de nous implanter à San Francisco mais cela ne s’est pas fait car les exposants n’en avaient pas la volonté” . Tokyo s’est manifesté pour accueillir le salon mais c’est vraisemblablement à Londres, où Vanessa est en train de s’installer, que Bubble devrait trouver chaussure son pied.

Bubble New York, the kids trade show
Les 29, 30, 31 juillet
601 W et 26th Street (entre 11 et 12 av)
de 9AM à 6PM